COP21 : un « accord » criminel et irresponsable

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De la poudre aux yeux, l’ultime exercice dans lequel ils excellent, à défaut de tous les autres. Les voilà tous remontés comme des pendules sur la signature unanime de cet accord censé sauver le climat. Certains d’entre eux ne se sentent carrément plus pisser : 

<< En 2020, on sera tous morts, vous serez tout seuls à discuter >>

Mais lisez-le donc de plus près, cet accord, et dîtes-nous ce qui, dans cette liste de pieuses intentions, arrachée aux forceps à l’issue de négociations chaotiques, s’apparente à une révolution décisive susceptible de sauver le climat et la planète ? Quelles contraintes s’imposent aux 195 nations qui viennent de le signer pour qu’elles mettent en application les mesures promises ? Aucune, sinon celle de se revoir tous les cinq ans pour en discuter ! 

Quelles mesures immédiates concrètes pour maintenir, comme promis, la hausse de la température à moins de 1,5° ? Quels moyens concrets de financement décidés pour réaliser ces promesses qui, comme d’habitude, n’engagent que ceux qui les font ? Rien, absolument rien sur toute la ligne ! Ah si, 100 milliards de dollars promis… à partir de 2020, sans savoir d’où ils viendront, et sans absolument aucune obligation d’en relever le plancher !

Chacune des 195 nations est juste tenue de décider elle-même, toute seule dans son coin, les mesures les plus appropriées pour atteindre le noble objectif qui lui est fixé et venir en discuter en 2020. Que se passera-t-il d’ici cinq ans ? << Par 50° à l’ombre déjà aujourd’hui, on sera tous morts, vous serez tout seuls à discuter >>, a déclaré, amère, une représentante d’un pays africain sur France Inter, à l’adresse des 10% d’habitants les plus riches au monde, responsables de plus de la moitié des émissions mondiales de CO2.

Les impardonnables « oublis »

On en finirait pas d’énumérer toutes les clauses impératives abandonnées au fil de ces quelques jours de pénibles négociations, les oublis foireux, les retraits intempestifs, les omissions coupables :

  • l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre des avions et des bateaux de la marine marchande, gros pollueurs devant l’Éternel : retiré du texte dès le 9 décembre ;
  • les objectifs chiffrés de réduction des rejets polluants à l’horizon pourtant bien lointain de 2050 : disparu des tablettes
  • les droits de l’homme à vivre dans un environnement un tant soit peu respirable : exclus des dispositions contraignantes à la demande de plusieurs États, dont l’Arabie saoudite, la Norvège et les États-Unis d’Amérique.
  • la mesure la plus emblématique pour financer le projet, taxer les transactions financières : enterrée par les riches pays du nord, France en tête…
En fait, on gagnerait plus de temps à compter sur les doigts de la main ce qui reste des mesures vraiment concrètes survivantes.

L’impuissance tragique de l’humanité à résoudre elle-même ses problèmes

L’accord signé à l’issue de la COP21 n’est pas seulement totalement creux, vide, illusoire, il est juste criminel. Il ne relève pas uniquement d’une pitoyable comédie à échelle planétaire, mais touche à l’impuissance tragique de l’humanité à résoudre en adulte les problèmes critiques qui se posent à elle.

Une fois de plus, il faudra encore quelques catastrophes bien cinglantes pour nous faire reprendre raison, quelques ouragans bien sentis pour nous ramener sur terre, le bec dans la poussière, parmi nos décombres, quelques calamités épouvantables pour nous obliger à réagir en catastrophe aux tragédies écologiques qui nous frapperont de plein fouet.

Tout à notre impuissance, nous ne cherchons plus qu’à nous rassurer à bon compte. Combien parmi nous à nous efforcer d’y croire malgré tout en désespoir de cause ? Positivons, les grands de ce monde ont AU MOINS enfin reconnu l’existence du problème, nous exclamone décider des soins adéquats pour guérir.

=> Lire le texte de l’accord du 12 décembre (en français)

A propos de Pierrick Tillet 3745 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.