Optimisme de façade : les négociations Grèce/Troïka restent au point mort

Photo : AFP
Le Grec Yanis Varoufakis face à l’Allemand Wolfgang Schaüble

Après l’alarmisme exacerbé d’avant ce lundi 22 juin, voici que nos médiacrates et bureaucrates européens réunis tombent dans l’excès inverse : l’optimisme forcené. À tort.

À les en croire, un accord est désormais au bout du stylo…

Sauf que :

1/ ils nous ont déjà fait le coup des dizaines de fois depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza fin janvier ;

2/ aucun accord n’a été conclu ce lundi 22 juin, présenté pourtant comme date fatidique par toutes les parties.

Les négociations avec, au mieux, le compromis libérateur, sont repoussées à vendredi prochain. Combien de fois nous ont-ils fait le coup depuis fin janvier 2015 ?

Un accord sur la dette qui ne passe pas

Mais au fait, quelles avancées pour justifier cet optimisme de façade ? Si Alexis Tsipas a consenti quelques douloureuses concessions sur les retraites et sur le montant de la TVA[1], il les a liées à un accord sur la dette dont ni les Allemands, ni les créanciers ne veulent entendre parler.

Quoi d’étonnant ? Faut-il encore le répéter, plus aucun accord digne de ce nom n’est possible entre la Grèce et la Troïka… sauf la capitulation d’un camp face à un autre. Et encore ! Car que voulez-vous qu’il ressorte de ces négociations ? La Grèce est lessivée et ne peut plus rien donner. Mais la Troïka l’est tout autant. Il y a belle lurette que ceux-là ne pissent plus que de la fausse-monnaie.

La partie de poker continue, plus incertaine que jamais. Bien malin celui qui se hasarderait aujourd’hui à désigner le vaincu d’avance. Pour l’épilogue, dans un sens comme dans l’autre, attendons au moins jusqu’à vendredi prochain, si vous le voulez bien. Un joueur de poker ne doit pas perdre ses nerfs.


NB : cette brève a été modifiée le mardi 23 juin à 11 h pour tenir compte d’infos nouvelles : la liste des dernières propositions grecques, rendue publique par le gouvernement Tsipras, par exemple.

Notes:

[1] Ces concessions restent encore à être acceptées par le Parlement grec et plus encore par la majorité des élus Syriza.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.