Gueule de bois post-électorale : heureusement Syriza…

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Ouf, c’est fini ! Oublier au plus vite ce lamentable épisode de départementales sinistres. Pour un peu, en ce lundi matin post-électoral, on en voudrait presque aux grévistes de France Inter de n’avoir pas neutralisé les flashes d’info pour échapper à la litanie des commentaires plus insipides les uns que les autres.

Aussi prévisibles que les résultats, d’ailleurs :

  • « l’opposition » a gagné, comme à chaque élection intermédiaire des présidentielles ;
  • de trahisons en lâchetés, les « socialistes » au pouvoir auront pris la déculottée promise ;
  • la gauche de la gauche fouille le fond de ses urnes en quête de quelques miettes d’espoir ou de justification ;
  • le FN, qui ne remporte aucun département, qui doit se contenter d’une soixantaine d’élus tout au plus, n’aura servi comme d’habitude que de bref épouvantail pour inciter au vote « utile » et tenter de rameuter les vilains oiseaux abstentionnistes.

Même ces derniers (dont je suis) n’ont guère loisir de se réjouir. Une récente enquête Ipsos montre que si les abstentionnistes étaient contraints de voter (par une loi rendant le vote obligatoire), le résultat ne changerait guère. Facile à comprendre en fait : c’est la loi statistique dite des grands nombres ; avec un échantillon « représentatif » de quelques 20 millions d’électeurs exprimant un avis, au lieu des 1000 cobayes habituellement interrogés par les instituts de sondage[1] .

Aller nous faire voir chez les Grecs

Heureusement, en ce morose lendemain de gueule de bois post-électorale, il y a la bouffée d’air frais Syriza pour vous réconcilier avec la politique ! L’annonce du refus par les crapules de Bruxelles du troisième train de réformes présenté par Alexis Tsipras et sa bande n’est pas un constat d’échec de ses derniers, loin de là, mais un constat de résistance.

Soumis à des pressions mortifères, le gouvernement grec refuse obstinément de céder aux injonctions de la Troïka. Et se dirige tout doucement, mais plutôt sûrement, vers cette rupture, qu’on pressentait inévitable, avec les gangsters de la zone euro.

On attendait tant d’eux qu’on a pu de-ci de-là céder à une impatience excessive à l’égard des gens de Syriza depuis leur prise de pouvoir fin janvier, regretter le retard dû à leurs vaines tentatives de conciliation avec des bureaucrates européens moins-que-rien, s’agacer de quelques varoufakiades (je plaide coupable).

Mais le résultat est là : pour l’heure, Tsipras, Varoufakis (beaucoup plus sobre depuis quelques temps) et tous les leurs ne lâchent rien (ou vraiment pas grand-chose). Du coup, pour oublier les hauts-le-cœur de nos lendemains électoraux à nous, nous voilà pris d’une irrésistible envie d’aller nous faire voir chez les Grecs. Un plaisir.

Notes:

[1] Ceux qui seraient tentés de remettre en cause les statistiques et les sondeurs, se rapporteront utilement aux résultats des présidentielles : avec un taux d’abstention bien moindre, le FN y récolte approximativement les mêmes pourcentages de bulletins.

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