Grèce : sortir de l’euro… et de Varoufakis ?

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Yanis Varoufakis et sa femme « pipolisés » par Paris-Match
(source : capture)

Mais à quel jeu joue donc le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis ?

On avait cru que ses sentences tonitruantes contre la Troïka et le colonialisme dont était victime son pays seraient rapidement suivies de mesures concrètes. Deux mois plus tard, pas la moindre mesure concrète, mais toujours les mêmes sentences définitives répétées en rafales dans moult interviews « exclusives », ponctuées qui plus est d’un nombre hallucinant d’énormes bêtises qu’on croirait sorties tout droit de la bouche d’un Jean-Claude Juncker :

« La Grèce ne sortira jamais de la zone euro. »

Malin, vraiment, pour un prétendu fin joueur, que de dévoiler ses cartes avant la fin des enchères !

Un Grexit inévitable… et souhaitable !

Il semble cependant que les choses soit lentement en train d’évoluer en Grèce. Une conférence organisée par The Economist vient de se tenir à Athènes sur la possibilité d’une sortie de la Grèce de l’euro.

Selon Jacques Sapir, une telle sortie apparaît comme non seulement inévitable, mais souhaitable, y compris au sein du gouvernement grec. Si un Grexit en bon ordre a peu de chance de se dérouler « dans du velours », une sortie contrainte et précipitée par un défaut — celui-là devient désormais incontournable à terme — aurait des conséquences encore plus ravageuses.

En réalité, il ne reste guère au gouvernement Tsipras que deux solutions d’extrême urgence pour enrayer une situation fort compromise :

  • une réquisition de la Banque centrale de Grèce ;
  • un blocage des capitaux en train de fuir le pays.

Avec ou sans Yanis Varoufakis.


DERNIÈRE MINUTE : dans un billet publié cet après-midi, Jacques Sapir reprend la même conclusion concernant l’inéluctabilité et la nécessité d’une sortie de l’euro en avançant les deux mêmes décisions urgentes à prendre :

« (a) Accepter l’idée d’un contrôle sur les capitaux de court terme, puisque cette idée est « offerte » par le Président de l’Eurogroupe.

(b) Mais, dans le même temps, lier cette décision avec une réquisition de la Banque Centrale de Grèce, la mettant temporairement aux ordres du gouvernement pour qu’elle puisse alors alimenter en liquidités les banques grecques et réinjecter de la monnaie dans l’économie. »

Par ailleurs, les choses progressant heureusement dans les esprits, le quotidien grec Avgi (pro-Syriza) vient de titrer : « Le Grexit est préférable à un troisième mémorandum. »

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