Grèce : l’Eurogroupe saisi par un vilain doute

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Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, 11 février 2013, Bruxelles
(photo : AFP/John Thys)

Ça ne s’est pas du tout passé comme ils l’espéraient. On les sentait nerveux, inquiets, avant cette « réunion de la dernière chance » prévue le mercredi 11 février. À la sortie, ce fut pire.

Ça n’est pourtant pas faute d’avoir, comme d’habitude, recouru à cette méthode Coué chère aux losers de tous acabits. Juré craché, un accord, a minima de chez minima s’il le fallait, allait intervenir à l’issue de cette réunion cruciale. Même leurs médias, sourds comme des pots, aveugles comme des imbéciles, le claironnaient d’avance sur tous les toits.

Mais patatras, au moment ultime, Varoufakis campa sur ses positions. Non, les gars, vous êtes sympas mais votre « plan de sauvetage », même enrobé de crème Chantilly, on n’en veut plus. Du toc, du chiqué, de la naphtaline. Revoyez votre copie. Nous, nous allons juste respecter le verdict démocratique qui nous a portés au pouvoir.

De déclaration commune, il n’y eut point, même vaseuse et creuse à souhait comme le sont depuis des lustres celles de ce genre de pompeuses agapes officielles. En Grèce, de Thessalonique à Athènes, des dizaines de milliers de manifestants se rassemblèrent spontanément pour soutenir LEUR gouvernement.

La bobine des responsables européens et de leurs alliés d’une ex-Troïka qui n’osait plus dire son nom faisait peine à voir. Derrière les sourires jaunes de circonstances, la peur et le désarroi suintaient par tous leurs pores. Et révélaient une terrible impuissance : non, ils n’avaient rien, strictement rien de nouveau à proposer. Et les autres, ce Varoufakis, qui faisaient leur tête de mule !

Syriza et les Grecs n’ont certes pas encore gagné. L’Eurogroupe va désespérément essayer de croire et de faire croire à une soumission prochaine du gouvernement Tsipras (jeudi soir, certains médias annonçaient encore « l’imminence d’un accord », alors qu’Alexis Tsipras venait seulement d’accepter le principe d’une poursuite des négociations). Mais on sent bien que le vent mauvais de la défaite a changé de sens et commence à siffler méchamment sur le camp européen d’en face.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.