Une victoire du peuple grec que Syriza devra confirmer

Euphorie populaire après l’annonce des résultats en Grèce (photo : AFP/Louisa Gouliamaki)
Euphorie populaire après l’annonce des résultats en Grèce
(photo : AFP/Louisa Gouliamaki)

Les urnes grecques ont donc parlé. Le résultat du 25 janvier est cinglant pour l’Union européenne et la haute finance. Reste qu’avant d’être celle de Syriza, la victoire est d’abord celle des électeurs grecs. Après tout, ce sont eux qui ont voté.

Il leur fallut bien du mérite — ou bien du désespoir — pour ne pas céder aux menaces de la coalition Samaras, aux interventions intempestives des autorités de Bruxelles ou aux pressions grossières d’Angela Merkel et consorts.

Et pourtant, ils l’ont fait. Humiliés, pressurés, trahis depuis des années par une coalition au pouvoir ouvertement maquée avec les envoyés malintentionnés d’une Troïka de sinistre réputation, ils auront été les premiers Européens à redresser la tête, à taper du poing sur la table et à se donner une chance d’inverser le cours fort compromis des choses. Bravo !

On serait fort mal inspiré de ne pas reconnaître les mérites de Syriza dans cette authentique triomphe électoral (même sans majorité absolue : 149 députés sur 300). Après tout, c’est bien Alexis Tsipras et les siens qui ont su dessiner une piste de sortie crédible aux carcans imposés par Bruxelles.

Reste à ceux de Syriza de confirmer la victoire du peuple grec en respectant les engagements pour lesquels celui-ci les a élus. Dans l’euphorie de cette victoire historique, on s’en voudrait de douter de leur bonne volonté. Mais l’expérience a montré qu’il n’est jamais trop tôt pour rappeler ce genre de criante évidence.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.