Commémoration 14-18 : « Le patriotisme est le dernier refuge du vaurien »

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11 novembre 2014. Lâché par ses congénères des pays voisins qu’il avait pourtant officiellement invités, le président français s’en fut discrètement, loin des foules, inaugurer un « anneau de la mémoire » sur le plateau de ND de Lorette, près d’Arras. Devant micros et caméras, qui eux étaient bien là, il délivra quelques sentences à l’emporte-pièce dont il a le secret.

« Le patriotisme, c’est n’être jamais fatigué de servir son pays, le patriotisme, c’est faire parler l’histoire pour mieux regarder droit devant vers l’avenir. »

Et de pourfendre, sans craindre la contradiction et le ridicule, ceux « qui ont les yeux tournés vers le passé ». Et d’exalter, à tout hasard on ne sait jamais, un vague « patriotisme social » tout à fait de circonstance quand des millions de pioupious pataugent dans les tranchées de Pôle emploi.

La pluie et le vent redoublaient en ce morne 11 novembre 2014. Du coup, 14-18 pour 14-18, je me suis regardé « Les Sentiers de la gloire » de Stanley Kubrick.


Bande-annonce du film « Les Sentiers de la gloire »

Kirk Douglas y cite les propos d’un certain Samuel Johnson, auteur en son époque d’un pamphlet cinglant : « The Patriot ». La citation ne s’adressait évidemment pas à l’héroïsme des combattants affrontant le carnage, mais à l’usage écœurant qu’en font, quand ils sentent leur autorité menacée, tous les états-majors de l’arrière, avant, pendant, et jusqu’à cent ans après la boucherie :

« Le patriotisme est le dernier refuge du vaurien[1]. »

Notes :

[1]  « Patriotism is the last refuge of the scoundrel. »

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.