2017-2018 : quatre scrutins démocratiques majeurs dans la « dictature » vénézuélienne

Pueblo_soberano.jpg

N’en déplaise à une « presstituée » occidentale de plus en plus imbuvable, la démocratie continue de bouger au Venezuela. Entre 2017 et 2018, pas moins de quatre scrutins démocratiques majeurs se tiendront dans cette << infâme dictature >> :

  • élection d’une Assemblée constituante (juillet) ;
  • référendum populaire sur le projet de nouvelle Constitution (dès que le texte sera prêt) ;
  • élection des gouverneurs et des Assemblées législatives (décembre) ;
  • élection présidentielle (octobre 2018).

Explications par Thierry Deronne, un Français vivant sur place…

 


L’Assemblée constituante, un visage nouveau pour la République

Regain d’activité politique au Venezuela où trois grands scrutins sont prévus d’ici le début de 2018 : le premier en juillet pour choisir les députés à l’Assemblée Constituante – la population sera ensuite consultée par référendum sur le nouveau texte. En décembre la population élira les gouverneurs et des assemblées législatives pour chacun des 24 états. En 2018, l’élection présidentielle permettra aux citoyens de choisir entre retour au néolibéralisme ou poursuite du socialisme bolivarien.

On mesure le pouvoir d’un champ médiatique abandonné par la gauche aux grands groupes privés quand on voit qu’un pays qui a mené plus de scrutins que tout autre processus progressiste dans le continent latino-américain, qui dispose de ce que Jimmy Carter appelait dès 2012 « le meilleur système électoral du monde » et dont la majorité de l’économie et des médias sont privés et d’opposition, soit perçu comme « une dictature ». Les grands médias n’ont pas seulement transformé une insurrection de droite en « révolte populaire », un État qui se défend en État « répressif », une guerre économique en « pénuries dues au modèle socialiste ». Ils ont invisibilisé 18 ans de démocratie participative, en occultant ces mouvements sociaux qui aujourd’hui discutent des points de la nouvelle constitution : égalité de genre, mariage homosexuel, droit à l’avortement et droits de la femme en général, écosocialisme et protection de l’environnement, nouveaux mécanismes de pouvoir citoyen, droits culturels nouveaux…

La présidente du Conseil National Électoral Tibisay Lucena a fait part de sa surprise face au nombre élevé de postulations citoyennes (où de nombreux opposants se sont inscrits, désobéissant au consignes publiques des partis de droite). Au total 55.314 personnes se sont postulées, 19.876 par territoire et 35.438 pour le secteur social, représenté par une majorité de femmes (62 %) issues des secteurs des paysan(ne)s, pêcheur(se)s, conseils communaux, communes, entrepreneurs, étudiant(e)s, pensionné(e)s, personnes handicapées. Le 6 juin a commencé la collecte de signatures pour valider les postulations et choisir in fine 364 députés constituants « territoriaux » et 181 « sectoriels ».

Pueblo_soberano_2.jpg

Dans un contexte de conflits et de violence croissante générés par des secteurs de l’opposition qui ne reconnaissent pas le gouvernement élu, Nicolas Maduro a convoqué cette Assemblée Nationale Constituante (ANC) comme la constitution lui en donne le droit (articles 348 et 349 ), et comme stratégie pour rétablir la paix et consolider le processus de transformation du pays.

Par définition, une Assemblée Constituante a pour objectif de modifier l’ordre établi. Au cours des dernières décennies, le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur ont utilisé ce mécanisme afin de remanier la totalité de leurs constitutions, refondant leurs États sur de nouveaux principes et objectifs.

Ces États ont donné une leçon de démocratie de la plus haute importance : les lois ne sont pas gravées dans le marbre, elles doivent répondre aux besoins et aux caractéristiques des peuples et non l’inverse.

=> Lire la suite du billet de Thierry Deronne dans Venezuela infos

A propos de Pierrick Tillet 3735 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.