Art & politique : Beatriz Guzman Catena (1972- )

Beatriz Guzman Catena est née en 1972 en Argentine, actuellement elle vit et travaille à Ivry-sur-Seine.

Beatriz obtient, pour sa dernière année d’études, une bourse du Fond national des Arts pour compléter sa formation en France. Elle y étudie les processus de création et les imaginaires sociaux. À son retour en Argentine, son intérêt pour la transversalité entre l’espace réel et l’espace représenté, leur construction et genèse, lui permet d’intégrer le centre Poïesis de la faculté d’Architecture, Design et Urbanisme de l’Université de Buenos Aires.

Architecte de formation, son travail devenu depuis essentiellement pictural, est marqué par ses souvenirs d’Argentine, un pays aux couleurs et à l’architecture particulières. Se mêlent constructions idéales, sensations d’une lumière aveuglante et souvenirs d’enfance. Sur la toile, Beatriz construit une histoire, puis la recouvre d’une autre, jusqu’a ce que son tableau soit vraiment fini. Chaque histoire correspondant à une étape du tableau, chaque histoire a son médium : la première au crayon, la seconde au feutre, etc… jusqu’à celle racontée en peinture. Cela crée un relief, une véritable profondeur dont on ne se lasse pas, une peinture où les espaces architecturaux ou autres figurés subissent un certain nombre de phénomènes physiques : apparition, imbrication, effacement, reconstruction.

« Tout ce qui est contenu dans un espace donné, les choses et les liens entre elles, fournissent des points de départ pour les scènes peintes que je crée comme une exploration de la construction de la réalité. Les séquences narratives naissent ou se reconstruisent ainsi, reliées entre elles par des liens spontanés. Chaque image est un collage que j’assemble pour reconstruire une scène quotidienne de ma vie. Ce qui a survécu dans la mémoire est classé, catégorisé. Cartes, plans, toute cartographie ou référence visuelle du monde réel sont à la base de mes notes et croquis préliminaires. Cependant, j’introduis délibérément un sentiment de doute sur les événements, simplement en remplaçant un personnage par une allusion, un élément historique qui prend sa place. »

Beatriz Guzman Catena, Le Voyage immobile