Art & politique : Mohamed Lekleti (1965- )

art et politique
Mohamed Lekleti "Le portrait de l'oiseau qui n'existe pas", technique mixte, taxidermie sur papier marouflé sur bois, 120 x 160 cm, 2020

Mohamed Lekleti est né en 1965 à Taza au Maroc. Il vit et travaille à Montpellier.

Il entreprend des études d’arts plastiques à Rabat. Après avoir obtenu un d!plome de cinéma et une maîtrise d’arts plastiques à la facultés d’Aix en Provence, il s’installe (en 1987) à Montpellier.

Passionné de dessin et de lecture, Mohamed Lekleti axe son travail sur les mythes, avec une technique mêlant dessin et peinture acrylique, fusain, feutres, sable… Mohamed se sert du dessin pour raconter des trajectoires de vies humaines, évoquer la précarité de l’existence, rendre compte de notre perception du monde.

« Et personne ne peut prétendre avoir une perception juste. Elle est déformée par notre vécu, notre culture, nos croyances. »

Mohamed Lekleti

S’il ajoute parfois des couches de matières, puis des couleurs très fluides, des roses, des bleus, du rouge sang qui balaient les lignes, les floutent, augmentant l’instabilité de la scène et sa dramaturgie, l’artiste considère ses toiles comme des « dessins peints ».

Mohamed Lekleti désarticule le monde et le reconstitue en associations nouvelles qui modifient notre perception. Il instaure quelque chose d’indéterminé qui génère une sorte de malaise diffus.

« Mohamed Lekleti vit avec son talent, une faculté singulière à composer des scènes complexes installées dans la toile d’araignée d’un dessin virtuose… Des images immédiatement politiques sont offertes tour à tour comme les séquences d’un même discours. Les femmes apparaissent sans subjectivité, voilées parfois et voyagent dans l’espace du dessin avec des hommes indéfinissables dont l’identité, l’activité, le désir se logent dans des corps aux organes twistés. Leurs membres tendent vers on ne sait quel pôle d’attraction, absent peut-être, invisible sans doute. Des tropismes secrets connectent les êtres et les ressorts de la sexualité semblent être la plus pauvre explication de ce chambardement. La tension est ailleurs d’abord dans la facture de dessin. »

Michel Enrici , Le monde est une fête macabre

Mohamed Lekleti expose dans de nombreuses galeries et lieux d’art contemporain et participe régulièrement aux grands salons en France et à l’étranger. Depuis une quinzaine d’année, parallèlement à son travail personnel il a développé un travail d’œuvres éphémères sous forme d’un parcours urbain, d’un atelier-laboratoire. Ce fut le cas notamment à Valence, Lodève, Carcassonne, Sète ou encore à Coblence sur le thème des Légendes du Rhin.