La révolution ne passe jamais par les urnes pseudo-démocratiques

« Il va falloir une révolution dans ce pays ! » déclarait François Boulo au micro de Sud Radio le 9 mai. Le même affirmait ne rien attendre de la présidentielle 2022. Et pour cause, aucune révolution n’est jamais sortie des urnes.

Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec l’illusion entretenue autour du processus démocratique qui ne fait la plupart du temps qu’entretenir la médiocrité majoritaire (et fournir aux partis en présence quelques postes juteux pour leurs cadres). Essayez donc de faire voter la création d’un centre d’accueil pour population précaire en centre ville, par exemple. C’est encore François Boulo qui décrit à merveille le paysage politique français d’aujourd’hui :

  • une minorité de dominants (les fameux “1%”)
  • une minorité de résistants (genre Gilets jaunes)
  • et, au milieu, une immense majorité d’« endormis » (pour être gentil comme François Boulo).

Jamais aucun progrès social ne vint directement d’un processus électoral

Jamais dans l’Histoire un quelconque progrès social, une quelconque inflexion politique progressiste n’est intervenue directement à la suite d’un processus électoral.

  • La Révolution française de 1789 a commencé par une effusion de sang.
  • Aucune des conquêtes sociales de 1936 ne figurait au programme de la coalition de gauche emmenée par Léon Blum. Elles ont été imposées de force par les grandes grèves qui ont suivi l’arrivée au pouvoir du Front populaire.
  • Le mouvement de Mai 68 a fait sentir son empreinte sur le paysage politique français pendant une trentaine d’années sans jamais être passé par la case élection.
  • En 1994, Nelson Mandela ne fut adoubé président d’Afrique du sud par une élection démocratique qu’à l’issue d’une longue période de lutte armée.

La révolution, c’est quand les résistants volent dans la gueule des dominants avec l’approbation des masses assoupies, soudain réveillées

Le propre de l’expression démocratique est juste de consacrer un rapport de force entre dominants et résistants, la masse des endormis ballotant de l’un à l’autre selon l’endroit où lui semble pencher la balance. Pétainistes et collabos un jour, gaullistes et tous résistants le lendemain. On vit aussi comment une grande majorité de l’opinion publique balança en faveur des Gilets jaunes, le tort de ces derniers étant d’avoir continué de manifester en attendant les bonnes grâces des dominants, plutôt que de leur voler dans la gueule.

Car c’est ainsi que s’opèrent toutes les révolutions et que s’opérera la prochaine : non seulement quand le système sera pulvérisé (c’est déjà fait), mais quand le “peuple” des résistants se décidera à voler (physiquement) dans la gueule des dominants, suivi par la masse des assoupis, enfin réveillés et tous sans-culotte.


=> Dessin d’illustration réalisé il y a 11 ans en mai 2010. J’y invitais les jeunes à utiliser contre leurs ennemis toutes les armes à leur disposition… y compris celles de leurs ennemis.
Le plus drôle, c’est que c’est Facebook qui m’invite ce matin à
« partager ce souvenir ».

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.