Art & politique : Toshiko Okanoue (1928- )

Toshiko Okanoue

Toshiko Okanoue (1928-). Aux débuts des années 1950, l’artiste japonaise s’amuse à découper, regrouper puis recoller des fragments de corps et d’objets en tous genres, qu’elle choisit minutieusement.

Son art révèle un jeu avec les proportions qui déséquilibre totalement ses œuvres et qui mettent en lumière des corps asymétriques s’entrechoquant avec des animaux et divers objets.

C’est donc sans vraiment le savoir qu’Okanoue met un pied dans le mouvement du surréalisme. Ce n’est qu’en 1952, lorsqu’elle rencontre l’artiste et poète Shuzo Takiguchi que sa carrière prend tout son sens. Ce dernier était une figure emblématique du mouvement surréaliste au Japon, et l’a éduquée en lui présentant, entre autres, l’œuvre de Max Ernst, qui a eu une influence décisive sur son art.

Durant six ans, Okanoue est très prolifique, avec plus d’une centaine de pièces à son actif. Ses collages oniriques juxtaposent des images contradictoires et visent à créer son propre vocabulaire. L’artiste organise sa première exposition en 1953, mais son divorce en 1957* met un terme radical à sa carrière.

Il faudra attendre près de quarante ans avant que son travail ne sorte de l’ombre. Depuis, son travail a été reconnu et les musées ne cessent de rendre hommage à l’artiste en l’exposant aux quatre coins du monde.

Toshiko Okanoue
Toshiko Okanoué
Toshiko Okanoue

  • Note du Yéti : il semble Claude Picart commette ici une petite erreur : ce n’est pas un divorce en 1957 qui aurait conduit Toskiko Okanoue à mettre fin à sa carrière artistique, mais son mariage la même année. La raison en est qu’à l’époque, un mariage signifiait la fin de toute carrière professionnelle pour la femme japonaise.