La meilleure façon de précipiter la mort d’un régime moribond

Dans un monde bousculé, les lois répressives ne créent jamais un nouvel état de fait policier. Elles entérinent juste, au niveau juridique, une situation glauque pré-existante. Une sorte de réflexe compulsif des autorités quand celles-ci perdent le contrôle. Ainsi, la loi dite de Sécurité globale ne consacrera finalement qu’un état de fait répressif patent depuis des mois et qui s’est accéléré depuis les premières manifestations des Gilets jaunes.

Un système pourri sécrète toujours les poisons qui le détruiront

Les protestations contre cette loi sont nombreuses, justifiées, mais trop tardives, inutiles. Un système pourri sécrète ses propres poisons, ceux qui le détruiront. Le réflexe sécuritaire alimente l’insécurité de ceux qui en sont les ordonnateurs. Le repli sécuritaire est presque à tous les coups synonyme d’autodestruction.

Le pas de côté salutaire

S’opposer de front à un système failli ne sert à rien. On ne l’amendera pas, on le ramènera encore moins dans le droit chemin, on ne le sauvera même pas. Laissons-le à ses démons et à son agonie. Il ne se relèvera plus.

S’il y a une chose à faire pour échapper à son enfer, c’est de passer résolument à autre chose. Faire un pas de côté en attendant que le système moribond tombe en déshérence dans son coin est le meilleur moyen de précipiter sa fin et d’activer la renaissance d’une nouvelle civilisation. « Créer autour de soi une bulle de cohérence au milieu de l’incohérence », conseillait Louis Fouché comme meilleur acte de résistance. C’est plutôt bien parti, en fait :

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.