« Nous ne sommes pas dans le même camp » par Juan Branco

Abattre l’ennemi, tel est le titre du dernier ouvrage de Juan Branco paraissant ce jeudi 25 mars 2021 (éditions Michel Lafon). Texte de présentation par l’auteur et lecture du prologue du livre (vidéo)


Voici deux ans, un ouvrage, Crépuscule, dévoilait la façon dont Emmanuel Macron s’était saisi du destin des français.

Comment cette démocratie avait été achetée par quelques individus qui, ainsi, préserveraient leur intérêt. Censuré partout, inéditable pendant des mois, plus d’un million de personnes l’ont téléchargé. 150 000, par solidarité, l’ont, alors qu’il restait en accès libre, acheté, lorsqu’il a enfin été publié, par une petite maison d’édition de Nîmes, Au Diable Vauvert, qui a eu le courage de se lancer.

Ces deux ans, je les ai passés à vos côtés, à traverser la France, me rendant jusque dans le plus petit village où j’étais invité pour partager, apprendre, défendre ceux qui me le demandaient.

Vous avez été des milliers, petits et grands, à me solliciter, et à m’accompagner, dans toutes les juridictions, manifestations, conférences que j’ai écumées. Des milliers à m’ouvrir de nouveaux mondes, à me montrer ce que la France était.

Nous avons lutté ensemble, et nous avons souvent gagné.

Contre Macron à Toulon, Lallement à Paris, avec Maxime Nicolle, Christophe Dettinger, Stephane Espic. Devant les tribunaux, dans la rue, sur les plateaux, des maisons du peuple de Saint Nazaire au bar associatif de Jupilles en passant par Reims, Rennes, Lille, Bordeaux, Strasbourg…

Crépuscule a été traduit en anglais, en allemand, en japonais ! Les médias français, eux, s’en sont défiés, le craignant comme ils le faisaient des gilets jaunes. Ils auront tout fait pour l’éviter.

Et lorsqu’ils n’ont plus pu le faire, ils se sont jetés charognards pour le dévaster. Aurore Bergé avait annoncé la chose, me dénonçant au procureur de la république pour avoir « armé les esprits ». Bien d’autres suivraient.
J’avais prévenu que tout serait fait pour nous écarter. Pour nous faire payer de nous avoir rencontré. Pour, me salissant, créer la méfiance qui nous séparerait.

On ne pardonne pas à un être d’abandonner les hautes sphères auxquelles il était voué. On ne lui pardonne pas, après avoir été aux côtés des oligarques les plus puissants, d’avoir choisi le côté de ceux qu’il fallait exploiter.
Aujourd’hui, pourtant, il s’agit d’à nouveau avancer.

Je n’ai aucun attrait pour le martyre, et regarde avec un dédain funeste, tous ceux qui prétendent s’y vouer. Julian Assange n’a cessé de me le rappeler, alors que je m’engageais à ses côtés, à peine la vingtaine engagée: lorsqu’un héros surgit, celui-ci révèle avant tout une dysfonction d’une société.
Aujourd’hui, avec ce texte, s’offre pourtant à nos ennemis la possibilité de me dévaster.
Mais s’offre surtout pour moi la possibilité de vous offrir toutes les armes que j’ai, pendant des années, accumulées, pour enfin vous permettre de vous émanciper.
Je vous demande de me protéger. Comme vous le fîtes de l’inconnu que vous accompagnâtes, ce jour de novembre 2018, lorsque des millions de Français se levèrent, pour balayer les décombres de notre société.

Le temps est compté. Nous qui avons eu une plus grande visibilité, sommes particulièrement exposés. Les menaces et harcèlement se succèdent et se précisent, recouverts des rires moqueurs ou enragés, des silences gênés de ceux qui respirent soulagés à l’idée que bientôt nous soyons effacés. Du barreau aux juges d’instruction en passant par les services de renseignement qui, après m’avoir mis sous surveillance physique pendant l’affaire Griveaux, ont depuis pris l’habitude de s’amuser, rôdent mille petites éraflures visant à dévaster

À côté, la machine de guerre que vous savez s’est lancée.

Alors que tout est bas et sombre, il ne s’agit plus de se plaindre. Mais de se préparer à les dévaster.

Ce texte annonce la couleur, propose des moyens, suggère des fins. Du tribunal révolutionnaire à la fin des préfets, de la création de maisons du peuple à l’expropriation de tous les médias oligarchisés. Mille mesures pour se battre, et gagner.

Mille révélations aussi, distribuées, qui permettent de jeter un oeil cru sur les « affaires » dont on ne cesse, depuis des mois d’agiter.

Tous, au sein du petit Paris et de la macronie, ont ouï-dire de ce texte gardé secret. Les rumeurs enflent depuis des jours, ne cessent de me revenir, comme s’ils ne savaient plus où donner.

Ils savent que l’instant est capital, et qu’ils risquent de s’effondrer.

Que leurs trahisons vont finir par faire ce peuple se lever.

Vous tous qui vivez sous le joug des humiliations quotidiennes, à qui l’on ne cesse de vous faire ressentir, d’une façon ou d’une autre, que vous ne mériteriez pas d’exister.

Sachez qu’il s’agit d’une méthode pour vous faire plier.

Que la honte est la meilleure façon de tenir coi un être qui s’apprêtait à se lever.

N’ayez plus honte. Vous êtes la sève d’un pays qu’ils ne cessent de plier.

Abattre l’ennemi, c’est rechercher enfin la possibilité du partagé.

Et dès lors, la joie de l’être aimé.

Prenez ce texte. Achetez, volez, partagez. Et jetez-le au visage de tous ceux qui, avec leur morgue et le mépris, n’auront cessé de nous mépriser.

Abattre l’ennemi – Prologue (lecture par Juan Branco)
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