Ils sont en train de faire mentir Orwell

Un incendie ravage le bâtiment contenant les mégadonnées du data-center d'OVH Cloud (9 mars 2021)

Et si la science-fiction était condamnée à n’être que de la science-fiction ? Et si nos anticipations futuristes, pour les souhaiter ou pour les craindre, ne venaient que de nos égos surdimensionnés ? 1984, déjà, c’était un peu présomptueux comme date pour l’avènement de Big Brother. Mais 2021 ? C’est donc ça, l’univers glauque du régime policier totalitaire, de la société de surveillance, des libertés cadenassées, de l’expression muselée ?

Non, Orwell n’avait pas prévu que les mégadonnées Big data accumulées contre les citoyens des couches inférieures et intermédiaires pouvaient flamber comme fétus de paille dans un immeuble morne d’une ville de province, que Wikileaks serait bien plus redoutable que les services de surveillance US, incapables d’enrayer la moindre action terroriste, qu’une campagne de vaccination contre un vulgaire virus allait tourner au fiasco retentissant, que BigPharma allait subir l’humiliation de sa vie.

Surtout, surtout, Orwell n’avait pas anticipé que la direction des sphères supérieures allait échoir à des imbéciles comme Macron, Castex, Véran… pour ne parler que des nôtres et ne pas citer les Trump, Biden, Boris Johnson ou encore une Merkel usée, sonnée. Big Brother suppose une envergure que ces crétins n’ont évidemment pas.

Le grain de sable dans la construction religieuse d’Orwell

Le grand tournant est intervenu au début du 20ème siècle quand les humains du ”monde avancé“ ont congédié les dieux (loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État) pour aussitôt prétendre les remplacer. Rappelez-vous nos discours, hallucinés ou effrayés, sur le pouvoir de nos nanotechnologies, les labos de recherche médicale en invulnérabilité montés par ces gamins insupportables de la Silicon Valley, leurs annonces, ô combien prématurées, de la fin de l’Histoire et l’avènement du paradis (des riches) sur terre.

Mais patatras, qu’un petit virus vienne à passer par là et les voilà le cul dans leur merde. Le grain de sable dans la construction quasi-religieuse de Georges Orwell, c’est la croyance en l’invincible puissance, même retorse, de l’intelligence humaine : de la science-fiction ! Les mondes despotiques dont s’inspirait l’auteur de 1984 – le nazisme, le stalinisme… – se sont tous plutôt rapidement effondrés. Le nôtre est en train de suivre le même chemin.

Ce qui leur reste encore de pouvoir, les puissants le doivent à la crédulité de leurs administrés, serviles, terrifiés, masqués, bientôt vaccinés. Encore que, pas tous. Pendant que la caste des tocards glapit de rage en constatant son impuissance, pressentant sa fin, certains commencent forcément à ruer dans les brancards au niveau des couches inférieures.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.