2020 : la triple mort de la religion blanche occidentale

Nous pensions nous être débarrassés des religions à la papa, des grandes idéologies et même de l’Histoire que nous clamions avoir dépassée. Partant, nous avions créé notre propre religion dont nous étions les dieux. Mais patatras, en 2021, l’Histoire et notre précaire condition humaine nous ont rattrapés. Une triple mort.

La mort du capitalisme occidental

N’annoncez plus son effondrement, c’est fait : le capitalisme occidental a rendu définitivement l’âme en cette triste année 2020. Il ne renaîtra pas. Pas de “Great Reset” à espérer, sauf dans les esprits malades.

Où sont les moyens de production privatisés qui faisaient l’essence du capitalisme ? Tous délocalisés et repris en mains par des puissances émergentes “étrangères” (l’insulte suprême pour désigner la Chine, la Russie, l’Inde…). Où est la « dynamique fondée sur la croissance du capital productif guidée par la recherche du profit » ? Dans les choux d’une dépression dont elle – la croissance – ne reviendra pas. Les profits ne sont plus que quelques lignes dérisoires sur des livres de comptes numériques, alimentés par la planche à billets palliative des banques centrales, planqués dans les cimetières que sont les paradis fiscaux. Ultimes jeux infantiles pour vieux monde sénile.

La mort de la démocratie occidentale

La démocratie, c’était la bible que brandissaient nos missionnaires en terres barbares pour mieux signifier la supériorité de la religion occidentale sur les superstitions des sauvages que nous voulions soumettre (avec bien entendu les richesses que recelaient leurs terres impies).

Ce qui restait de cet improbable bréviaire est parti en cendres lors de la dernière parodie électorale de novembre 2020 aux États-Unis. Rappelez-vous au soir de l’élection, tous les médias dépités annonçaient la victoire de Trump l’hérétique. Et puis soudain, dans la nuit du 3 au 4 novembre, entre 1 heure et 4 heures locales du matin, silence radio, suspension des comptages… À l’aube, c’était l’autre, Biden le grabataire, à peine moins pire que le pire, qui était annoncé vainqueur. Ridicule comédie.

Remarquez, que le vainqueur soit Trump l’hérétique ou Biden le grabataire ne change rien au coma dépassé de notre mysticisme démocratique. Que nous a donc donné notre chère démocratie ces derniers temps comme leaders suprêmes ? Des crétins, des incompétents, des salauds (suivez mon regard du coté de notre régime à nous).

La mort cérébrale collective des populations occidentales

Il aura suffi d’un tout petit virus de rien du tout pour que des populations entières basculent dans la folie mentale collective et le dérèglement comportemental généralisé. En 2020, en France, le Covid aura tué tout juste 0,09% de la population française (949 morts pour 1 million d’habitants au 23 décembre), pour la plupart des gens ayant dépassé l’espérance statistique de vie (en France, 79,7 ans pour les hommes, 85,6 pour les femmes). Une peccadille qui ne modifiera même pas ou à peine ces données statistiques.

Mais il en va ainsi des populations soudain privées d’un cadre religieux qui leur laissait croire, non plus au paradis pour après la mort comme dans la croyance ancienne, mais avant ! Les voilà soudain déboussolés, errant comme des âmes en peine derrière leurs masques sanitaires, regardant leurs congénères en chiens de faïence, n’embrassant ni n’étreignant plus personne, même plus leurs proches. Triste à mourir ?

Même pas en fait. Le tableau que je viens de dresser de cette morne année 2020 n’affectera le lecteur qu’à la mesure de son addiction à la religion triplement morte. Mais l’humain libre, lui, est celui qui sait s’affranchir des impostures religieuses, vivre dans le cadre humain qui est le sien. La mort fait partie de sa vie. En l’occurrence, le trépas de la religion blanche occidentale est même un soulagement pour l’humain libre. Après le deuil, la reconstruction ?

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.