L’Eurozone est entrée dans la spirale infernale d’une dépression

Ils ont du mal à admettre un état de récession économique (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB pour être officiellement reconnu tel). Mais alors, imaginez, une dépression économique !

La dépression économique est une forme gravissime de la récession. Elle se définit par la rencontre de trois phénomènes concomitants :

  • une baisse du PIB (récession) ;
  • une baisse des prix (déflation)
  • une hausse du chômage

Jusqu’à présent, on n’avait pas eu ça : la croissance stagnait mais ne reculait pas, l’indice des prix montait lentement mais montait. Aujourd’hui, la hausse du chômage et la contraction du PIB au niveau européen sont deux choses acquises. Ne manquait plus que la baisse des prix. C’est fait : les prix dans la zone euro viennent de baisser pour le quatrième mois consécutif en novembre (-0,3%, source Eurostat).

Parmi les pays les plus frappés, des poids lourds : l’Espagne -0,8%, l’Allemagne -0,7%, l’Italie -0,3%. La France annonce, elle, un taux d’inflation encore positive (+0,2%), mais la page de l’Insee affiche un avertissement qui décrédibilise très fortement ce résultat :

Source : Insee
L’espoir sort parfois du chaos

Il est déjà difficile de remonter une phase de récession, pourtant par nature passagère. Mais lorsqu’on bascule dans une spirale dépressive de longue haleine, bien malin celui qui pourrait prévoir quand et surtout dans quel état on reviendra de cet enfer. Chacun des trois éléments constitutifs de la dépression (cf. description ci-dessus) vient alimenter et aggraver les deux autres. Le dernier grand cycle dépressif de l’Occident date de 1929. On se rappelle tous dans quelles conditions il s’est achevé… entre 1939 et 1945.

Mais ne pas perdre courage. L’espoir sort parfois du chaos. C’est pendant ces traversées de l’abîme économique que :

  • les riches perdent plus de fric et de pouvoir que les pauvres ;
  • le remboursement des dettes publiques est renvoyé aux calendes grecques, quand elles ne sont pas purement et simplement annulées (cf. 1930) ;
  • c’est sur les décombres de la dépression que fleurissent les plus grandes avancées sociales (Front populaire de 1936, création de la Sécurité sociale en 1945…)

Les riches aiment à se rassurer en clamant qu’un cycle répressif ne signifie pas la mort d’un système. Mais c’est tout de même en passant par un cycle dépressif que disparaissent les “civilisations” pourries.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.