Ce matin, je me sens comme dans un pays occupé…

Ce matin, je me sens comme dans un pays occupé…

Ce matin, je me sens comme dans un pays occupé. Ça faisait longtemps que la descente aux enfers de notre pays menaçait. Nous y sommes. L’intervention mercredi soir du président a entériné la fin de la société française telle qu’elle s’était reconstruite après la fin de la Seconde guerre mondiale.

Ne revenons pas sur les propos de ce sombre personnage. Ne discutons pas du bien fondé ou non de ce nouveau confinement. Tout a été dit et redit sur la question. Les lecteurs de ce yetiblog savent que nous nous sommes rangés derrière les points de vue éclairés des spécialistes de terrain, les professeurs Perronne, Raoult, Toubiana, Toussaint… Et non derrière les grossiers tirs de barrage d’autorités sanitaires corrompues.

La question de cet effondrement ne concerne pas seulement la situation sanitaire de notre pays. Elle touche à une déliquescence bien plus généralisée de nos structures de vie, politique, économique, sociale, climatique… et mentale. Cet effondrement généralisé n’affecte pas seulement la France, mais l’ensemble des pays du bloc occidental. Demandez-vous pourquoi, les victimes du Covid se dénombrent surtout parmi les habitants de cet empire déclinant ? Demandez-vous pourquoi, en dehors des personnes âgées et malades, ce virus frappe surtout les victimes de nos sociétés néolibérales gavées à l’excès (obésité, hypertension…) ?

Seuls réchapperont du naufrage ceux qui sauront garder leur calme et leur lucidité pendant la tempête.

Ce matin, j’éprouve une étrange sensation de libération et de calme. Un peu comme le jour où, surpris à bord de mon petit bateau par une tempête imprévue de la météorologie marine, survolé par un hélicoptère de la police maritime venu vérifier ma situation délicate, ballotté, secoué et trempé par les vagues déferlantes sous un vent furieux, je m’étais soudain retrouvé dans une état de conscience somnambulique qui me fit prendre très posément les décisions qui s’imposaient : vérifier mon gilet de sauvetage, m’amarrer au bateau et au coupe-circuit du moteur pour éviter les dégâts d’une éjection brutale, remplir la nourrice d’essence pour ne pas risquer une panne qui m’aurait conduit droit sur les falaises de la côte, enlever mes lunettes inutilisables et me concentrer sur le GPS du bateau pour retrouver mon chemin, éviter de me laisser frapper latéralement par la houle pour ne pas chavirer…

C’est dans une situation semblable de tempête que nous nous trouvons aujourd’hui. Celle-ci va faire rage un long temps encore. Les naufrageurs vont tout faire pour garder le contrôle d’une situation qui leur échappe à coups de mesures de plus en plus cyniques, insupportables et vaines. Les cris de colère, de désespoir, d’indignation des naufragés déferlent ce matin sur les réseaux sociaux. Ils sont inutiles, impuissants, suicidaires.

Seuls réchapperont de la tempête ceux qui garderont leur calme et leur lucidité, qui sauront, entre rescapés du désastre mental collectif, rassembler leurs efforts pour affronter la tourmente. Il nous faudra fixer nos propres règles de comportement, décider de nos propres lois puisque la légitimité des autorités qui nous mènent dans le mur a définitivement volé en éclats. Avant que le temps vienne d’affronter les forces obscures qui occupent encore ce pays (il viendra), il nous faut les contourner pour commencer à bâtir le chemin vers la lumière.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.