Voyage dans un pays détraqué 11. Les dernières pérégrinations de mon ami malade du Covid

Voyage dans un pays détraqué 11. Les dernières pérégrinations de mon ami malade du Covid

Lors d’un précédent épisode de mon voyage dans un pays détraqué, je vous ai raconté l’histoire de cet ami que je n’ai pu voir pour cause de Covid et d’hospitalisation en urgence à Créteil. Ça va, il est tiré d’affaire, mais ça n’a pas été sans mal…

« Les tests, vous savez, c’est pas très fiables »

Huit jours sous assistance respiratoire intense, avec pour seul mot d’encouragement ce constat du médecin à son arrivée : « Vous l’avez échappé belle ! » (Rappel mon ami resta 10 jours à attendre les résultats d’un test – positif – qui tardait à venir, bloqué dans son appart parisien avec presque 40° de fièvre et du Doliprane pour seul médicament.)

Mais mon ami est de constitution solide. Il reprit peu à peu ses forces et ses soucis respiratoires s’estompèrent. Lorsqu’il fut question de le libérer de l’hôpital, il posa la question incontournable : « Est-ce que je suis encore contagieux ? » La réponse tomba, lapidaire :

« On ne sait pas.
– Mais peut-être qu’avec un nouveau test ?…
– Oh, les tests, vous savez, c’est pas très fiables. »

« Le délai pour tester des cas contacts, c’est un mois »

À défaut de “savoir”, mon ami s’est donc retrouvé avec un nouveau confinement à domicile d’une dizaine de jours. Quelques petites poussées de fièvre peu inquiétantes (moins de 38°) l’incitèrent à revoir son médecin traitant. Le Covid est une maladie vicieuse. Les poumons avaient récupérés, mais le sang y mettait un peu plus de temps.

Dans la queue que mon ami dût faire à l’entrée d’un labo parisien pour effectuer sa prise de sang, un homme, très inquiet, le précédait. Lorsqu’il parvint enfin à l’accueil du labo, l’homme fit part de son tourment :

« Je suis patron d’une entreprise de 20 salariés. Deux sont frappés du Covid avec symptômes. Comment puis-je faire tester les 18 autres qui sont cas contacts ?
– Aucun problème, je peux vous proposer un rendez-vous dans un mois. »

« Pour des raisons de pénurie, j’ai ordre de ne plus délivrer le vaccin de la grippe sur ordonnance médicale » (un pharmacien)

Les nouvelles que je viens de vous donner, m’ont été communiquées ce matin par téléphone par mon ami. La visite d’un proche à un pharmacien dans l’après-midi m’en apprit une autre bien bonne (enfin, bien bonne !) que je vous raconte maintenant : pour des questions de pénurie, les pharmaciens ont désormais ordre impérieux de ne plus délivrer de vaccin de la grippe sur seule ordonnance médicale, mais de le réserver en priorité aux seuls détenteurs de coupons (personnes âgées, personnes atteintes de pathologies affaiblissantes…) adressés à ces derniers par l’Assurance maladie.

En clair, le premier stock de ce vaccin saisonnier a été rapidement épuisé faute de couvrir les besoins. La seconde livraison n’est pas prévue avant la mi-novembre. Et même avec cette seconde livraison, 3 millions de dose seraient prévues pour manquer à l’appel, indique notre pharmacien, écoeuré.

Manquerait plus que mon pote se chope la grippe en plus !

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.