Voyage dans un pays détraqué 1. Un départ tempêtueux

Voyage dans un pays détraqué 1. Un départ tempêtueux

Pas souvent que je pars en vacances, je veux dire, au-delà de trois jours. Forcément, j’habite dans un lieu de villégiature. Ce sont les autres qui viennent plutôt en vacances chez moi. Mais là, c’est décidé. Ma compagne et moi, on part une quinzaine de jours sur les routes de France.

Départ de notre Bretagne direction le Poitou de mes origines, puis le Quercy, puis Aix-en-Provence. Pas d’autoroutes ou le moins possible. Rien que des routes buissonnières. À chaque étape, des amis, certains pas vus depuis des lustres. Un petit périple peinard.

Enfin, peinard ! Le départ, prévu vers aux alentours de midi, devient soudain problématique. La tempête Alex a soufflé dur pendant la nuit. Pas trop de dégâts par chez nous, quelques arbres arrachés, un tapis de feuilles et de branchettes sur la chaussée, des poubelles et des barrières de sécurité en vadrouille, des pannes d’électricité inopportunes. Pas de quoi fouetter un chat.

Sauf qu’en cette période de stress et d’hystérie parano, il faut s’attendre à tout. Comme prévu par la météo marine du coin, la tempête Alex est passée en deux heures au milieu de la nuit. Et toujours comme prévu par la météo marine, la suite a été beaucoup plus calme, quelques averses de pluie, quelques sautes d’humeur du vent sans conséquence.

Mais le préfet du Morbihan, qui n’avait visiblement pas lu la météo marine, s’est pris d’une lubie préventive en fermant d’autorité tous les établissements scolaires du département pour la journée. (C’est le même préfet qui, en plein confinement anti-Covid, avait interdit tous les chemins côtiers sur ma presqu’île… où il n’y a que des chemins côtiers !).

Le vendredi matin, plus de tornades, plus de trombes d’eau… mais pas d’école non plus ! Les parents pas prévenus, les gardes d’enfants pas anticipées et pour cause, des coupures d’électricité résiduelles à résoudre, et le boulot qui n’attend pas…

Bref, on s’est retrouvé avec le petit-fils de ma fille en garde pour la journée. Et une journée de vacances en moins dans les dents. Merci, Alex. Merci, M. le préfet.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.