Geoffroy de Lagasnerie : l’action directe, y compris violente, est le seul moyen de faire plier les gouvernants

Geoffroy de Lagasnerie : l’action directe, y compris violente, est le seul moyen de faire plier les gouvernants

Pas souvent que je relaie une émission de France Inter. Je n’écoute pas France Inter. Mais on m’a signalé le passage de Geoffroy de Lagasnerie chez Demorand. J’ai rattrapé le coup via les podcasts. 25 minutes de subversion à l’état pur !

Cédric Herrou, Carola Rackete, sont les véritables acteurs politiques d’aujourd’hui

Pour de Lagasnerie, les formes d’action instituées et ritualisées – la manifestation, la grève, l’occupation, la pétition… – ont perdu toutes leurs capacités d’action et de conquête sociale et ne sont plus que des moyens d’expression défensifs voués à la défaite. On appelle gagner le fait de ne pas perdre, dit de Lagasnerie, mais au final on perd à tous les coups.

Mais alors qu’est-ce qu’une forme active d’action qui ferait le temps politique aujourd’hui ? « L’action directe », répond de Lagasnerie, celle par laquelle des individus ou des groupes résolus imposent leur propre légalité à l’État. À ce titre, Cédric Herrou ou Carola Rackete sont les véritables modèles d’acteurs politiques à suivre aujourd’hui.

« Dès que vous mettez l’État sur la défensive, très souvent c’est vous qui pouvez produire des régressions de la part de l’État. On l’a vu avec Cédric Herrou où il y a eu une sorte de transformation de sa lutte du point de vue pratique sur l’accueil des migrants en une guérilla juridique sur la question du droit de l’hospitalité et qui fait qu’il a gagné jusqu’au Conseil constitutionnel puisqu’il a fait constitutionnaliser le principe de fraternité. »

L’emploi de la violence en politique ne peut être posé qu’en terme d’efficacité

Geoffroy de Lagasnerie va encore plus loin dans l’engagement subversif quand il aborde le problème de l’utilisation de la violence en terme d’action politique. Ce sujet ne peut pas être posé en terme d’infraction à la loi, ni d’éthique, ni de morale, affirme-t-il, mais en terme d’efficacité pour atteindre un but.

« Il n’existe pas de non-violence dans un monde d’antagonismes. Quand vous vous définissez comme non-violent, vous laissez à l’État, c’est-à-dire aux gouvernants, le monopole de la violence sur vous. Vous les laissez vous entraver, définir les limites, vous mettre en garde à vue, vous arrêter… »

Bon allez, fermons le ban, comme s’exclame un Demorand sidéré par les propos de son interlocuteur. Regardez, écoutez la vidéo de l’émission. Tout est à l’avenant : explosif, subversif et finalement assez jouissif.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.