La leçon du Pr Raoult devant la commission d’enquête du Sénat

La leçon du Pr Raoult devant la commission d’enquête du Sénat

Le passage du professeur Didier Raoult devant la commission d’enquête du Sénat vaut d’être vraiment regardé de bout en bout. Pour deux raisons.

1/ La clarté d’un pionnier de la recherche scientifique

On y découvre d’abord la clarté des explications d’un spécialiste pour des choses qui n’ont pourtant rien de simples aux yeux des profanes. Oui, le virus mute, explique Didier Raoult, et en des formes moins virulentes que l’était le virus au moment du pic de mars-avril. Oui, le Conseil scientifique et l’État ont grandement failli dans le pilotage de la lutte contre le Covid-19. Non, la recherche scientifique n’a rien de démocratique, mais relève presque systématiquement d’un parcours du combattant mené par des pionniers (Raoult cite le cas de Pasteur) face à la résistance hostile d’une académie toujours dépassée.

2/ L’insignifiance des représentants (supposés) de la nation française

L’autre “révélation” de cette longue audition du professeur Raoult, c’est l’insignifiance des supposés représentants de la nation française. Méconnaissance du sujet (la plupart ne s’étaient manifestement pas donnés la peine de lire le mémo que Raoult leur avait remis avant son intervention), questions simplettes (surtout après six mois de pandémie), étalage de mauvaise foi (mention spéciale au sénateur Jomier affirmant en toute contrevérité que la région parisienne n’a pas connu plus de victimes du Covid-19 qu’ailleurs, amalgamant la dénonciation de l’hydroxychloroquine par quelques spécialistes ou académiciens de certains pays avec une interdiction pure et simple de ce médicament dans ces pays).

À constater le fossé entre la clarté d’un pionnier de la recherche scientifique et l’insignifiance des représentants de la nation, vous comprenez que la partie n’est pas gagnée, même si, comme le note Raoult, à la fin la réalité finit toujours par s’imposer.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.