Rien ne relancera l’économie capitaliste, il faut la tuer !

Rien ne relancera l’économie capitaliste, il faut la tuer !

On l’a dit et répété sur ce yetiblog : l’équipe à la gouverne de notre pays n’est pas plus capable  de relancer une économie en berne que d’enrayer une épidémie galopante. Le plan de relance – “à 100 milliards” ! – de l’économie lâché par le gouvernement est aussi hors sol que le plan de bataille d’un conseil scientifique big pharmatisé pour trouver une parade au Covid-19.

C’est quoi leur plan de relance à 100 milliards ? Rien d’autre qu’une pâle resucée d’une panoplie de cadeaux aux entreprises – donnés sans contreparties ! – pour provoquer « un choc d’investissement ». L’ennui, comme le note François Ruffin dans une récente émission, c’est que ça fait plus de quarante ans – depuis sous Giscard ! – qu’on nous sort ce genre de plans merdiques. Non seulement ça n’a jamais créé un emploi, ça n’a jamais relancé l’économie, ça n’a pas fait frémir des investissements atones, mais vous allez voir que ça ne va même plus relancer leurs dividendes !

Parce qu’ils sont au fond du trou. Parce que ces 100 milliards dont une petite partie seulement parviendra aux entreprises, ne permettront même pas à ces dernières de sortir du trou dans lequel elles s’enfoncent. Et l’économie française du même coup. Des nuls et des fous, vous dis-je.

« Leur disque est rayé »

« Leur disque est rayé », s’exclame Ruffin qui tente d’esquisser quelques (bonnes) pistes de sortie en en appelant au « ciblage » des actions sur certains secteurs-clés, plutôt que de se perdre dans « la logique d’arrosage généralisé » :

« Aujourd’hui, il y a trois secteurs qui en terme d’emplois, mais aussi en terme de souveraineté, me paraissent nécessaires à défendre, c’est les aliments, les vêtements, les médicaments. Il faut mettre le paquet sur ces trois secteurs. »

« On va jouer à un jeu Madame de Malherbe… »

« On va jouer à un jeu, Madame de Malherbe. Qui a dit… »

Leur disque est rayé, ça fait 40 ans qu’ils récitent la même liturgie : baisse des charges, baisse des charges, baisse des charges. Les cadeaux aux patrons, désormais, sous prétexte de Covid.

Publiée par François Ruffin sur Vendredi 4 septembre 2020

Que crève le capitalisme (ce sera lui ou nous)

Ruffin a raison, bien sûr. Mais il parle dans le vide. Personne aux manettes du pays ou dans les coulisses des grands corps d’État n’est aujourd’hui en mesure de l’entendre, ni même de le comprendre. L’intelligence des humains se limite toujours au fait qu’il faut qu’une catastrophe se produise pour qu’ils réagissent enfin. Personne n’enraiera la chute du capitalisme, et certainement pas ce misérable “plan de relance” pondu par des crétins.

Ça tombe bien, remarquez, car plus rien n’est possible au sein du système capitaliste, même pas le capitalisme lui-même. Certains l’ont bien compris qui s’en alarment et réclament sa mort le plus rapidement possible. Ainsi Hervé Kempf, directeur du site Reporterre, dans un livre tout fraîchement paru au titre indispensable (je n’ai pas encore lu l’intérieur, mais ça ne saurait tarder) :

Que crève le capitalisme, Hervé Kempf, Seuil

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.