Les réseaux sociaux m’horripilent, il est temps de passer à autre chose

Les réseaux sociaux m’horripilent, il est temps de passer à autre chose

Au réveil, à l’heure du petit-déjeuner, il y a belle lurette que je n’écoute plus les radios mainstream, que je ne parcours plus les titres de la presse écrite de propagande. Or voilà que mon dernier lien matinal avec le monde extérieur, celui de mes réseaux sociaux jusque là préférés, est en train de sérieusement m’horripiler.

Franchement, “amis » et “abonnés” de Facebook et Twitter, croyez-vous que vous allez me passionner avec les énièmes turpitudes du régime Macron, la supercherie du dernier accord européen, le non-évènement politique total qu’est la comédie Joffrin, l’ensauvagement de nos banlieues si prompt à faire oublier la sauvagerie impitoyable des classes dominantes, elle-même détournée sous le vocable opportunément imprécis de “violences policières”. Vous rendez-vous compte de l’écho que vous donnez à ceux que vous prétendez honnir en passant à la moulinette de vos critiques leurs moindres mots, faits et gestes ? Même votre branle-bas de combat pour 2022 m’ennuie à mourir.

Voilà maintenant que délaissant les causes-maisons (le saccage des services publics, la précarité galopante des classes inférieures, la tragédie des sdf et autres déclassés avec ou sans papier…), vous vous enflammez  pour des causes lointaines contre lesquelles vous ne pouvez de toute façon rien… quand elles ne se révèlent pas pour le moins douteuses. Loin de moi l’idée de me faire le thuriféraire du sévère régime de Pékin, mais les Ouïghours ne sont-ils pas aussi une minorité d’islamistes sunnites tout ce qu’il y a d’obscurantistes ? Quelles preuves avez-vous de leur « extermination » ? Les manifestants de Hong-Kong défendent-ils réellement la démocratie… ou leur situation de 3ème place financière mondiale à l’occidentale ? Rappelez-vous Aung San Suu Kyi, votre passionaria birmane des Libertés, celle dont la première tâche une fois parvenue au pouvoir fut de laisser massacrer l’infortuné tribu des Rohingyas.

Retourner à la vraie vie, celle du bas de chez moi

Combien de temps aller vous ainsi vous laisser berner comme des idiots ? Parfois, j’ai l’impression que votre indignation est une fin en soi que vous ne demandez qu’à alimenter sans souci du reste. Je parcours vos posts sur l’écran de mon ordi et suis sidéré par vos injonctions au port du masque obligatoire alors que l’épidémie de Covid est en voie d’éloignement statistiquement confirmée, vos anathèmes moralistes au nom de la protection de vos anciens… qui, le reste du temps, peuvent crever la bouche ouverte dans les vapeurs de pollution empestant nos villes depuis des décennies sans que vous ne vous en préoccupâtes plus que ça. Trop rares sont ceux qui sortent de cette spirale infernale de la soumission à l’ordre établi que vous faites mine de contester en pure inutilité.

Vous me fatiguez. Je ne vous comprends pas. D’ailleurs, ai-je vraiment envie de chercher encore à vous comprendre ? Après quinze ans passés à chroniquer la longue agonie d’un système, une fois constatée son échéance fatale arrivée, le yetiblog va changer d’optique, retourner à la vraie vie, celle des gens du bas de chez moi qui tentent d’échapper à l’effondrement. Mes amis de la cale voisine ne font pas tant de chichis. Ils m’embrassent ou me serrent la main sans (trop de) souci des terreurs sanitaires. Ils font fi de vos élucubrations, ne votent pas toujours très bien, c’est vrai, mais savent sortir la bonne bouteille et les mots réconfortants quand il le faut. Je file les rejoindre. Apparemment, je ne suis pas le seul.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.