Juan Branco : ce qu’il va falloir faire pour reconquérir l’appareil d’État

Juan Branco : ce qu’il va falloir faire pour reconquérir l’appareil d’État

Un mot d’intro : autant vous dire, le yetiblog se fout de la nomination de ce nouveau premier ministre, Castex, extirpé de l’ombre dont il n’aurait jamais dû sortir par un régime convulsif. Car c’est le seul et unique enseignement de ce changement de gouvernement : la nomination de ce personnage falot illustre jusqu’à la caricature l’impuissance politique du régime macronien à reprendre la main.

Ce régime, note Juan Branco, est en train de pourrir par la tête, avec sa cohorte de personnages plus sidérants de bêtise et de vacuité les uns que les autres : Pénicaud, Belloubet, Véran, Castaner, Schiappa, Ndiaye… et maintenant Castex ! Comment voulez-vous que cet obscur « dircab’” réussisse là où un Édouard Philippe a totalement échoué sur tous les tableaux :  la réforme des retraites, circonscrire le mouvement des Gilets jaunes, la gestion de la crise des hôpitaux, la taxe carbone, les 80 km/h, la crise sanitaire du Covid-19, le contrôle des forces de l’ordre…

Le problème, explique Branco, est que la crise sanitaire a émoussé la flamme révolutionnaire qui brûlait depuis novembre 2018. Dès lors, l’enjeu essentiel aujourd’hui est de construire une alternative solide et crédible pour achever de « dévaster » les imposteurs au pouvoir et reconquérir ce dernier.

Deux étapes et deux outils indispensables

La première étape, explique Branco, est de dessiner le monde dans lequel on rêverait de vivre et la place que chacun entend y occuper, de réembrancher le politique à la réalité afin de recouvrer notre souveraineté. Qu’est-ce qui aujourd’hui permettrait à chacun d’entre nous de mener la vie dont il rêve ?

Une fois ce schéma prévisionnel – programmatique – établi et structuré, la seconde étape consiste à savoir comment concrétiser notre projet politiquement. Juan Branco indique les deux pistes seules à même de nous permettre de renverser les tenants actuels de l’appareil d’État :

  • Créer notre (nos) organe(s) d’information.
  • Créer notre école parallèle de formation des cadres de la prochaine République et d’apprentissage des règles discursives qui nous permettront de présenter efficacement notre projet à l’ensemble des Français, avec un atout que nos ennemis de classe n’ont plus depuis longtemps : le sens des vraies réalités, la force du vécu.

On ne réformera pas l’actuel pouvoir “de l’intérieur”

Ce cheminement incontournable prendra du temps, reconnaît Branco – mais en deux ans, avec l’effet de surprise, c’est jouable, ajoute-t-il. En tout cas, comme avec l’UE, impossible d’espérer réformer le pouvoir “de l’intérieur”, en s’appuyant sur les médias de propagande et en reprenant les codes de communication établis et maîtrisés par les tenants actuels de l’appareil d’État.

C’est le point faible des opposants patentés d’aujourd’hui, conclut Branco (en citant François Ruffin). À vouloir se couler dans les moules dessinés par les dominants d’aujourd’hui, ces opposants se condamnent à l’épuisement et finalement à l’impuissance. S’autonomiser est la condition sine qua non d’une rupture décisive avec une puissance honnie, d’une révolution.

Ce que cachent le remaniement et la nomination de Castex, et ce qu’il va falloir maintenant faire pour s’en émanciper.

Publiée par Juan Branco sur Vendredi 3 juillet 2020

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.