Un système de protection sociale français plus solide que le système de prédation néolibérale

Un système de protection sociale français plus solide que le système de prédation néolibérale

Un enseignement des derniers soubresauts que nous venons de traverser – soulèvement Gilets jaunes, manifestations retraites, crise sanitaire – est que notre système de protection sociale français résiste vaillamment aux attaques dont il est l’objet depuis les année 90.

Mutilé, amputé par la caste des financiers néolibéraux, il tient bon et a même été réactivé pendant l’épidémie de coronavirus par ceux-là mêmes qui voudraient l’éradiquer. Le fait est que ce système de protection sociale est toujours là pour permettre à la population française de passer avec un peu moins d’encombres que bien d’autres pays néolibéraux les cataclysmes politiques, économiques et sociaux qui nous attendent.

Car aujourd’hui, le système néolibéral est en bien plus mauvais état que le système de protection sociale français. Pire, bien plus menacé par la tempête économique et financière en train de déferler sur notre pays que notre sécu, notre système de retraite, nos systèmes de santé ou d’éducation.

La résistance de notre système de protection sociale permet d’envisager une nouvelle révolution française avec des conséquences supportables

Les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique sortent anéantis par la crise de coronavirus et ce n’est pas les injections désespérées de milliards par l’État français qui y changeront quoi que ce soit. Tout comme ce ne sont pas les “quantitative easings” de la Banque centrale européenne qui sauveront un secteur financier de plus en plus ratatiné et sous perfusion depuis 2008.

À l’inverse, le système de protection sociale a permis aux citoyens français de bien mieux supporter les conséquences du confinement sanitaire que leurs confrères américains, par exemple. Notre secteur de santé [photo] s’est même permis de luxe de combattre un méchant virus tout seul comme un grand, avec les moyens du bord, en tout cas sans l’aide, et même malgré les entraves que lui opposaient les autorités politiques et sanitaires du pays.

La morale de cette histoire, c’est qu’on ne vient pas si facilement à bout d’un système consolidé par des décennies, sinon des siècles de lutte, et entré dans les moeurs de la population d’un pays. De fait, sauf à ce que l’institution militaire intervienne à contresens de l’Histoire en défendant mordicus l’ancien régime, cette résistance de notre système de protection sociale permet d’envisager une nouvelle révolution française avec des conséquences supportables.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.