Une polémique déplacée : la “compète” sur la couleur des victimes

Une polémique déplacée : la “compète” sur la couleur des victimes

Une polémique est en train de naître qui a des relents pas vraiment sympas : une sorte de “compète” sur les variations d’indignation pour les victimes de violences d’État en fonction de leurs couleurs.

Certains (blancs) s’indignent du tout pour les noirs (George Floyd, Adama Traoré…) et des miettes pour les blancs (Cédric Chouviat). Indignation assez déplacée, car on se souvient que la mort de Cédric Chouviat souleva une vraie vague de protestation sur les réseaux sociaux. Et d’autres victimes “blanches” – Rémi Fraisse, Steve Caniço – bénéficièrent de réactions populaires à la hauteur de l’indignation justifiée que suscitaient leurs martyrs. Les manifestations contre les violences policières commises sur les Gilets jaunes n’ont pas non plus été sans retentissements, alors que les Gilets jaunes, à ce qu’ont sache, ne se distinguent guère par leur épiderme coloré.

Mais en face, pas mieux. Lors des manifestations Black Lives Matter du samedi 6 juin, Le leader de la LDNA (Ligue de défense noire africaine) y est allé de son couplet sur la France « totalitaire, terroriste, colonialiste et esclavagiste ». Formules à l’emporte-pièce assez caricaturales : un pays et sa population ne peuvent être réduit aux épisodes sombres de leur Histoire. Ou alors on pourrait aussi évoquer le rôle douteux des leaders noirs africains à l’époque du traffic d’esclaves, ou même celui des chefs d’État archi corrompus qui sévissent encore aujourd’hui sur ce continent.

Les périodes de troubles sont propices à ce genre de débordements malodorants et de crispations vengeresses déplaisantes. Raisons de plus pour les mettre dans le même sac et les tenir à distance en se bouchant le nez.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.