« La révolution est arrivée ! Il est temps de prendre les armes ! »

« La révolution est arrivée ! Il est temps de prendre les armes ! »

Lors de la soirée mémorable du 2 juin 2020 organisée en hommage à Adama Traoré, la chanteuse Camelia Jordana s’est emparée du micro et a entonné un chant qui n’allait pas manquer de faire frémir dans les chaumières de la bien-pensance bourgeoise, une fois que celle-ci en eut saisi le sens :

« Revolution has come ! Time to pick up the gun ! »

Cette chanson est reprise d’un texte que scandait le Black Panther Party dans les années 60/70 aux États-Unis (et qui n’est pas sans rappeler le « Aux armes, citoyens ! » de notre Marseillaise) :

« La révolution est arrivée ! Il est temps de prendre les armes ! »

Notons juste que Camelia Jordana n’a pas été jusqu’au bout du refrain : « Off the pigs ! (dehors, cochons de flics)« .

On ne rigole plus, maintenant ça suffit !

Mais le message est passé : on ne rigole plus, maintenant ça suffit !

Certains firent mine de s’étonner de la timidité répressive exercée ce soir-là par les forces de l’ordre à l’encontre d’une manifestation interdite, surtout comparée au déchaînement de violences qu’elles exercèrent contre les Gilets jaunes juste avant épidémie.

Mais ne cherchez pas trop loin. La réponse pourrait être très simple. Je pense qu’en haut ils avaient juste la trouille. Ils savent que les banlieues sont des chaudrons prêts à exploser. Ils savent (je le sais) qu’il n’y avait pas que des gens des “quartiers” dans ces manifs interdites, mais des Gilets jaunes et des milliers de jeunes excédés au point de braver leurs interdictions et leurs flics.

Trop tard, la dynamique dévastatrice est enclenchée : « Revolution has come ! Time to pick up the gun ! »

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.