Réouverture des écoles le 11 mai : une affaire très très mal barrée

Réouverture des écoles le 11 mai : une affaire très très mal barrée

Pris de panique devant la panne de la machine économique, le gouvernement tente fébrilement de relancer le moteur… en commençant par se débarrasser des mômes ! Le 11 mai au plus tard (pense-t-il), tous les mômes à l’école (sous-entendu, les parents enfin libérés au boulot).

Seulement voilà, il y a deux conditions à remplir pour que ce plan assez grossier fonctionne :

  • la bonne volonté d’un virus gentiment prié d’aller se faire voir enfin ailleurs ;
  • la compétence des “mécanos” improvisés.

Dans les deux cas on est loin, très loin du compte, et ce n’est pas la prestation confuse effectuée le 21 avril par Jean-Marie Blanquer [photo], ministre de l’Éducation, présentant son plan vaseux de déconfinement, qui risque d’arranger les choses !

Les précédents fâcheux du Japon et de Singapour

Malheureusement pour ceux qui nous gouvernent, le virus est tenace. Après presque deux mois de confinement généralisé, Covid s’accroche et poursuit ses dégâts en France. Si on continue sur une lancée d’environ 450/500 morts en moyenne par jour comme en ce moment, dans 20 jours, ça nous fera dans les 10.000 morts en plus des 20.796 enregistrés aujourd’hui. On voit mal, dans ces conditions, les parents envoyer leurs enfants au casse-pipe dans des établissements scolaires non sécurisés. Et des enseignants les y attendre.

Tenace et même vicieux. Au Japon, les établissements scolaires ont été réouverts partiellement le 6 avril… pour être refermés une dizaine de jours plus tard sous état d’urgence national, après que le pays ait vu le nombre de cas d’infection littéralement doubler (10.000). Ailleurs, Singapour, qui se croyait aussi tirée d’affaire, assiste impuissante à une deuxième vague de coronavirus depuis le 19 avril.

En France, l’incompétence des “mécanos” en plus

Le Japon et Singapour étaient au moins à classer parmi les bons élèves sanitaires dans la lutte contre la pandémie. Mais que dire d’un gouvernement qui n’a même pas été fichu en deux mois de procurer le nombre suffisant de masques de protection et de tests de dépistage pour protéger ses concitoyens ? Nous ne sommes plus désormais dans les mesures d’économies crapoteuses qui nous ont fait sacrifier les stocks existants, mais bien dans une manifestation éclatante d’incompétence crasse par des « mécanos » d’opérette.

Il en était presque drolatique, ce pauvre Blanquer, à essayer de nous vendre son plan merdique de déconfinement scolaire par groupe alternatif de 15 élèves maxi par classes un jour, 15 autres un autre jour, sans d’ailleurs trop savoir quoi faire des élèves supplémentaires sachant que les classes de 30 élèves maxi sont devenues une exception. C’est qu’on ne s’improvise pas plus maître d’épidémie que “mécano” gouvernemental d’une guimbarde politique visiblement condamnée au recalage dès le prochain contrôle technique.

En peinant si visiblement à nous présenter son plan foutraque de déconfinement, le ministre Blanquer faisait irrésistiblement penser à ces conducteurs interloqués devant leur bolide en panne et tripatouillant vaguement le moteur sous le capot en espérant le faire miraculeusement redémarrer. Évidemment, ça ne marche jamais et je vous fiche mon billet qu’avec de tels branleurs, la reprise sécurisée en bon ordre des cours le 11 mai a du souci à se faire.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.