Urgence sociale : un revenu d’existence non inférieur au seuil de pauvreté

Urgence sociale : un revenu d’existence non inférieur au seuil de pauvreté

Devant la débandade du système capitaliste, anéanti par l’épidémie de coronavirus et la guerre pétrolière, des premières mesures sociales de colmatage apparaissent, bien plus encore à l’état de sparadrap qu’à celle de véritables solutions alternatives. Exemple : le revenu de base – dit « universel » pour l’emballage – remis sur le tapis par l’Espagne.

Aussitôt la polémique entre les partisans d’un revenus de base et les tenants du salaire à vie promu par le sociologue Bernard Friot s’est rallumée et fait rage.

Cette polémique repose à mon sens sur une double méprise :

  • Le revenu de base n’est pas un minima social, comme le prétendent les détracteurs du revenu de base… et les capitalistes ! Les premiers se sont naïvement laissés intoxiquer par les seconds qui ont perverti le principe du revenu de base en en faisant effectivement un minima social honteux (généralement entre 400 et 900 euros, bien moindre que l’écart indiqué dans le tableau ci-dessus). Un revenu de base inférieur au seuil de pauvreté (environ 1.200 euros/personne) n’a juste aucun sens.
  • Le salaire à vie est certes une excellente idée philosophique… mais qui ne nourrira pas son homme de sitôt ! Il se passera du temps – et des fins de mois difficiles ! – avant que chaque citoyen, avec emploi ou non, soit reconnu comme « producteur-trice et acteur-trice économique », avant que « des caisses de salaires et d’investissements » soient co-gérées, avant que « le droit de propriété lucrative et des actionnaires » soit supprimé, ou encore avant que soit institué « le droit inconditionnel à la (co-)propriété d’usage de son logement et de ses outils/lieux de travail ».

Deux mesures d’urgence sociale face au chaos capitaliste

Sauf à tomber dans la sauvagerie sociale, l’effondrement acté du système capitaliste imposera dans un avenir immédiat des solutions pragmatiques immédiates, déjà concrétisées… dans les pays non capitalistes (Russie, Chine, Venezuela, Cuba…) à travers, par exemple, le maintien des revenus malgré le confinement et l’arrêt des activités économiques non essentielles.

Face à l’urgence sociale et au chaos économique capitaliste qui s’installe, les deux mesures à mettre immédiatement en place me paraissent les suivantes :

  • garantie des revenus pour ceux qui ont aujourd’hui un emploi et un revenu supérieur au seuil de pauvreté ;
  • garantie d’un minimum d’existence non inférieur au seuil de pauvreté (rappel : environ 1200 euros/personne) pour tous les autres.

Après et seulement après avoir garanti à chacun un droit de vie décente, il sera temps de philosopher…

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.