Après l’autorisation du protocole Raoult : les autres combats à mener

Après l’autorisation du protocole Raoult : les autres combats à mener

Défenseurs et détracteurs du protocole Raoult contre le Covid-19 vont rapidement être mis d’accord. Après son autorisation par décret du 25 mars, la validité (ou non) de cette prescription va pouvoir être vérifiée à grande échelle sur le terrain.

Mais d’autres combats déjà s’annoncent. Nous sommes à l’heure d’une médecine de guerre sanitaire grave, pas d’une médecine de brevets plan-plan. Tous les efforts doivent être redoublés pour enrayer le mal, avec ou non l’aval des sommités scientifiques d’académie ou des labos privés. Deux combats paraissent aujourd’hui primordiaux  – le combat des tests de dépistage, celui de la recherche médicale en période de guerre sanitaire – plus quelques autres…

Le combat des tests de dépistage

Le protocole Raoult va donc pouvoir être administré à tous les patients testés positifs au Covid-19. Dès lors le problème à résoudre est double : celui du nombre de tests pratiqués (donc mis à disposition des médecins) et le lieu où ces dépistages sont pratiqués.

L’exemple de l’Allemagne montre l’efficacité du dépistage systématique (500.000 tests par semaine contre environ 35.000 en France) et un pourcentage de morts très bas par rapport au nombre de personnes testées positives (0,5% contre 5,2% en France et 7% en Espagne). Reste à faire pression sur les autorités pour les convaincre de produire un nombre tests suffisants.

L’autre problème est celui du lieu de dépistage. Pour l’heure, il est réalisé dans les hôpitaux. Mais les hôpitaux sont débordés et nombre de réaction après la publication de décret autorisant le protocole Raoult s’inquiétait de ce confinement des soins limités à des services hospitaliers surchargés. La solution intermédiaire pourrait consister à confier les dépistages aux médecins généralistes et la prescription du protocole aux spécialistes (exactement comme pour une chimio en cas de cancer). Là encore, grosse bagarre en vue contre des autorités obtuses.

Le combat de la recherche médicale en période de crise sanitaire

En période de crise sanitaire grave, on ne peut s’arrêter à l’application d’un protocole certes prometteur, mais n’ayant pas encore concrétisé ses résultats à grande échelle. D’autres expériences sont menées où doivent l’être.

Le comité scientifique Care initié par le gouvernement travaille autour de l’expérience européenne Discovery. Ses membres et ses méthodes ont été fort critiquées, souvent à juste titre. Mais appliquons-leur ce que nous demandions pour le professeur Raoult : on ne juge pas un médecins à sa personnalité, mais à son activité de soignant et à ses résultats. Attendons ceux du comité Care et de l’expérience Discovery, même si leurs délais de réalisation et de concrétisation apparaissent bien longs.

Mais d’autres, dans d’autres pays, mènent aujourd’hui des recherches qui peuvent être déterminantes pour enrayer la pandémie de Covid-19. Il serait irresponsable pour ne pas dire criminel de ne pas consulter les chercheurs cubains, chinois, coréens du sud, allemands, c’est-à-dire ceux qui obtiennent aujourd’hui les meilleurs résultats, afin de confronter et d’enrichir les expériences respectives au niveau international… au-delà des divergences politiques.

=> NB : contre le Covid-19, Cuba préconise un protocole basé sur l’antiviral interferón alfa-2B (également utilisé en Chine) ; à quand une confrontation constructive avec le protocole de Didier Raoult ?

La grande guerre politique pour la Santé publique

Bien d’autres combats restent bien sûr à mener que l’épidémie de Covid-19 rend plus criants : le combat des masques à dispo en quantité nécessaire, et plus généralement le combat du matériel médical (appareils respiratoires, lits d’hôpitaux, blouses pour les médecins…), le combat du personnel soignant réduit au minimum insupportable…

Mais on sort là du stricte cadre de l’épidémie du coronavirus pour entrer dans la guerre de la Santé publique, avec la bataille politique qui en découlera, passée la crise sanitaire actuelle. Les guignols au pouvoir auront alors des comptes à rendre.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.