Lacunes de la recherche scientifique formelle en période d’urgence sanitaire

Lacunes de la recherche scientifique formelle en période d’urgence sanitaire

La chloroquine est l’objet de l’attention des médias comme des réseaux sociaux. Un copain médecin m’envoie le lien avec un article à ce sujet. L’article est un bon texte de vulgarisation pour expliquer comment fonctionne une recherche scientifique dans le domaine de la santé : double aveugle, groupe témoin, publication des données brutes, etc. Mais, à trop insister sur la seule chloroquine, il présente à mes yeux des lacunes importantes dans la situation actuelle. Voici quelques éléments essentiels qu’il passe sous silence :

  • La confiance. Faire confiance à une personne, ou à une organisation, suppose au préalable de penser raisonnablement que cette personne ou organisation est digne de confiance. Or nous avons un gouvernement qui, comme les précédents, ment tout le temps et pas seulement à propos de la « petite grippe » ou de « l’inutilité » des masques.
  • L’argent. Les labos pharmaceutiques ont cet unique mobile. Les batailles entre professionnels du médicament ont un mobile unique. Les potentielles retombées financières sous forme de brevets ont une importance première dans les choix de recherche. La quasi-totalité des revues scientifiques de la planète appartiennent à deux-trois groupes financiers qui gèrent jalousement leur capital au mieux de leurs intérêts. Etc.
  • Le conflit d’intérêt. Ce cas de figure est la règle et on se demande toujours si M. Machin parle en scientifique ou en avocat plus ou moins adroit de la firme X qui lui verse de plantureux émoluments ou finance ses recherches. Même le directeur de l’INSERM, devenu conseiller d’État, est le mari de la ministre de la Santé comme dans n’importe quelle république bananière ! Etc.
  • La bureaucratie. Une AMM (Autorisation de mise en marché), est davantage le fruit d’un dossier bien épais bien baratinant qu’une argumentation imparable en raison de sa solidité scientifique. Un simple survol de dossiers des produits phytosanitaires (pesticides) déposés à l’ANSES montre l’étendue du vide…
  • Le copinage (cf. le conflit d’intérêt). Être une puissante entreprise (argent plus réseau d’influence) permet d’obtenir à coup sûr une AMM même si c’est dangereux ou même si cela n’apporte rien de plus à l’existant. Par contre présenter une excellente avancée scientifique ou technique si on est une toute petite entreprise débutante…
  • Les scandales. C’est un exploit : l’auteur décrit une belle mécanique infaillible mais parvient à ne pas avoir un mot au sujet des scandales – Distilbène, Mediator, thalidomide, Dépakine, Levothyrox… – qui ont émaillé le monde de la santé ces dernières décennies et ont pourtant salement érodé la confiance du public.
  • Le désordre. On en mesure l’infini à lire le personnel de santé à propos de l’approvisionnement en matériel indispensable : masques, blouses, gants, lunettes, désinfectants, respirateurs, etc. Même en pleine catastrophe nos gouvernants préfèrent la communication au travail, à l’industrie et à la logistique !
  • Les réductions budgétaires. Voilà des années que les hospitaliers crient dans le désert. Voilà un an que les services d’urgence sont en grève. « La situation actuelle est le fruit de ces politiques, de ces fermetures de lits comme ils aiment le dire, oubliant que sur ces lits, il y avait des humains qui en avaient besoin, de ces putains de lits ! »
  • L’urgence. Dans la situation catastrophique que nous connaissons, on ne peut pas prendre quelques années pour vérifier quarante-douze fois les mérites comparés de la chloroquine, du bleu de méthylène, des antibiotiques ou du jus de laitue première pression à froid.
  • L’espoir. Un médecin délivre de l’espoir quand il délivre une ordonnance. Ça suppose, dans la catastrophe ambiante, de laisser une marge de manœuvre aux médecins qui expérimentent dans l’urgence. Si un toubib est convaincu par les vertus du jus de laitue, rebaptisé d’un nom latin pour faire sérieux, peut-être qu’une partie de ses patients galvanisés par cet espoir fou repousseront tous les coups de faux de l’Ankou. Pour assister au nouveau Nuremberg où Macron et sa clique et tous leurs prédécesseurs seront jugés pour leur cupidité assassine.

En résumé,  l’article envoyé par mon copain médecin est sans doute fort instructif… mais tape juste à côté des enjeux et de l’urgence sanitaire actuels.

=> Lire l’article dont mon copain médecin m’a donné le lien sur le site Futura Santé.


« On s’ra comédiens / De la pire espèce / On f’ra des promesses / Aux politiciens. » Bernard Joyet chante « On s’ra jamais vieux ».

Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.