À l’ombre du coronavirus : la survie de mon pays des Lumières se joue

À l’ombre du coronavirus : la survie de mon pays des Lumières se joue

J’avais promis de parler des poules. J’avais promis de dire comment la tragédie s’était finalement bien finie. Mais je ne peux plus. Il y a eu le coronavirus qui s’est pointé.

Alors, vite fait : elles vont bien mes cinq poules. L’une d’elle, en grandissant, est devenue un coq : un énorme coq qui a mis un temps fou à comprendre qu’il était un coq. Pas une gentille poulette, mais un coq, un vrai, qui crie tout ce qu’il a à l’aurore, qui couvre les poules autant qu’il peut. Il y a mis le temps mon coq-poule. Comme Achille, élevé au gynécée, il lui a fallu un choc pour comprendre que non, non vraiment, il n’était pas une femelle mais un coq qui hurle, qui couvre et qui protège. Quel choc ? Je n’en sais rien. Mais un beau matin, j’ai compris qu’il avait compris, quand son chant clair s’est élevé dans l’aurore fragile.

C’est fait. Après la mort des aînés tués au champ d’honneur par le renard, il a fini par prendre le relais. Il est le coq de mes quatre poules, un coq gentil, qui ne les couvre que quand elles veulent, qui se retire quand elles ne veulent pas. Bien sûr, il s’appelle Achille. Quoi d’autre ?

Mais je parle, je parle. Le coronavirus a tout chamboulé. Nous sommes cloitrés dans notre ferme naissante de Creuse avec nos poules. Les visiteurs attendus ne viendront pas. Nous sommes seuls. Nous voyons ce qui se passe là-bas, au loin. Nous voyons le combat de nos soignants épuisés. Nous voyons ce gouvernement cynique qui les applaudit faussement sans les aider. Nous voyons les morts qui s’accumulent, et ces gens, terribles, cyniques, censés nous gouverner, qui conduisent un pays entier vers la détresse de la peur et de la défaite. Nous les voyons, de nos hectares d’air pur, mener avec cruauté leur barque, profiter de cette terrible attaque de la nature pour nous juguler un peu plus, nous ligoter, sans pour autant nous protéger.

Et nous voyons venir… la révolution.

Parce que le peuple confiné étouffe sous le joug de ceux qui gardent pour eux le peu qu’il reste de ce système de santé qu’ils ont tué. ils se testent avec le peu de tests que notre pays exsangue produit encore. Et pour les autres ? Rien ! Rien, hormis le dévouement sans faille de ces soignants du service public qu’ils n’avaient pas eu le temps de détruire complètement.

Nous sommes livrés à nous-mêmes. Nous le savons tous. Nous savons que si ce Covid-19 grandit, se renforce, trouve le moyen de tuer, ils ne feront rien pour l’en empêcher. Ils profitent juste de ce qu’ils considèrent comme une occasion en or, pour nous juguler un peu plus et nous enlever le peu qui nous restait encore de notre histoire : nos congés, notre temps de travail, et notre liberté d’aller et de venir. Oh ! Bien sûr ! Nous avons peur. Nous ne voulons pas mourir. Alors nous obéissons. Mais sous le couvercle de la cocotte minute qu’ils nous ont collée sur la tête, ça bouillonne très fort.

Et je sais que ça finira très mal. Après le Coronavirus, ce pays, mon pays, le pays des Lumières, le pays d’Hugo, de Robespierre, de Zola, de Proudhon, va leur exploser en pleine face.

Il y aura des morts, beaucoup de morts. On meurt déjà. On mourra en masse. Cela me paraît clair, haut et limpide.

Mais cela finira par un combat à mort entre mon peuple, courageux et soudain conscient qu’il joue sa peau, et ces petits messieurs, ces petites dames qui veulent le soumettre, l’écraser, le dominer définitivement.

Il y aura un vainqueur et un vaincu. Mais en bonne Française qui connaît son Histoire, je ne me risquerai pas à miser sur les puissants. Oh non !

=> Source : La caverne de Marie

Auteure de polars, de gauche, avec un gros faible pour les gilets jaunes et leur projet de République pour et par le peuple. Son site : https://lacavernedemarie.wordpress.com/