Et si le Covid-19 sauvait la planète de la pandémie capitaliste mondialisée ?

Et si le Covid-19 sauvait la planète de la pandémie capitaliste mondialisée ?

Sur ce yetiblog consacré depuis 2005 à l’effondrement du vieux monde capitaliste, nous avons souvent dit que cet effondrement inéluctable n’irait pas sans apporter son lot cruel de victimes.

Il serait intéressant d’analyser le nombre de victimes déjà dû aux dégradations climatiques, à la destruction de la biosphère, aux pollutions des villes, au laminage des campagnes par des agricultures productivistes, aux conditions de travail de plus en plus épouvantables (surtout là où nous avons délocalisé nos outils de production), aux différentes guerres que nous menons aux quatre coins du monde pour sauver la suprématie capitaliste occidentale…

Nous redoutions même que le bouquet final de ce naufrage du capitalisme international ne se traduise par une tragédie guerrière mondialisée où les morts se seraient comptés en dizaines de millions.

Et voilà qu’une épidémie surgie de Chine fait l’effet d’une véritable bombe atomique lancée au cœur du système capitaliste. Voilà que tous les rouages subsistant de ce vieux système mortifère sont soudain pétrifiés, jusqu’à sa forteresse ultime, la finance internationale.

Le Covid-19, arme de destruction massive du système capitaliste ?

Voilà qu’un malheureux virus, le Covid-19, est en train de réaliser ce qu’aucune insurrection en gilets jaunes, aucune manifestation pour le climat ou pour nos retraites, encore moins une consultation électorale, n’a réussi jusqu’à présent : arrêter net la machine infernale du capitalisme néolibéral.

Et ce, avec un nombre somme toute très limité de victimes : 7.477 à ce jour à l’échelle planétaire (chiffre au 17 mars 2020, 12:36).

Alors oui, je sais bien que nos “spécialistes” déboussolés, après s’être gaussés de ce minable virus, en sont aujourd’hui à prédire un chiffre potentiel extravagant de 300.000, 500.000 et même 800.000 victimes rien qu’en France. Mais même en supposant, ce qui reste grandement à démontrer, que ces prédictions fiévreuses se réalisent, on est loin du chiffre que causerait un vrai Armageddon nucléaire, ou même une bonne guerre traditionnelle à la grand-papa (rappel Second Guerre mondiale : 60 millions de morts à l’échelle planétaire).

Qu’à quelque chose malheur soit bon : si le coronavirus voulait bien nous débarrasser une bonne fois pour toute de la saloperie capitaliste, on supporterait d’autant plus volontiers le prix des dégâts collatéraux, toujours assez modestes n’en déplaise aux prédicateurs funestes, qu’il nous fait payer.

=> Lire aussi l’excellent éditorial d’Hervé Kempf sur Reporterre, billet que j’ai découvert en bouclant mon texte, et qui aboutit à peu près aux mêmes conclusions

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.