« Le nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera bon pour les consommateurs »

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Certains arguments en faveur de la création d’un aéroport à NDDL sont assez surprenants.

Automne 2015. Je marche dans le trottoir quand j’entends le son sortir d’un magasin. Un gars cause à la radio. Notre expert dit au journaliste que « le nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera bon pour les consommateurs ». Je m’arrête une minute, amusé et interloqué à la fois, pour écouter ses arguments. Sur la relance de son interlocuteur notre expert en expertise s’explique.

« Mais oui ! Vous n’en n’avez pas marre de payer les artichauts au prix de produits de luxe parce que c’est un monopole des agriculteurs bretons ? Le nouvel aéroport permettra d’importer des artichauts d’Amérique latine. Avec la fin du monopole le prix pour le consommateur sera divisé par quatre ou cinq. Oui, par quatre ou cinq ! Et cela obligera les agriculteurs bretons à s’aligner sur le prix mondial s’ils veulent continuer à en produire. C’est la fin d’une économie de rente.

Et la rente, c’est mauvais pour le consommateur parce que c’est lui qui paie ! Je vous parle des artichauts parce qu’ils sont produits dans la région. C’est un exemple. Mais on peut dire la même chose pour les pommes de terre primeur, les produits laitiers, la viande de porc et les autres produits alimentaires du Grand Ouest.

Ne protestez pas ! Les consommateurs subventionnent des agriculteurs rentiers qui ne s’adaptent pas. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes va enfin permettre de faire jouer la concurrence dans un marché ouvert. Et ce sont les consommateurs qui vont en profiter. »

Je suis reparti en haussant les épaules sans savoir qui était le libéral de service. À Noël je raconte ça à un agriculteur de ma famille. Lui aussi hausse les épaules. Il connaît très bien l’agriculture du Grand Ouest. Et le tableau qu’il me brosse c’est notamment que dans l’élevage porcin ça tombe comme à Verdun. Pas seulement des petits agriculteurs qui se suicident. Même une usine de 1 800 truies a fermé ses portes parmi d’autres faillites retentissantes !

Mais bon, on te le dit, il faut un aéroport à Notre-Dame-des-Landes comme il en fallait un à Brie-Champniers près d’Angoulême


« Envolées les robes des belles promises / Les ailes des grillons, les paniers de cerises / Oubliés les rires des nuits de moissons ». Francis Cabrel chante « Carte postale ».

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