Monsieur le comte de Gna gna gna et le retour de la Terreur

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Fi, quelle crotte ! Mais c’est déjà du passé, Monseigneur Finkielkraut missionnaire chez les barbares de la #NuitDebout. Et c’est pour ça que j’ai hésité à te mettre cette vidéo parodique avec la compagnie Jolie Môme sur un argument de ballet du chorégraphe Gilles Balbastre.

Après avoir vu la vidéo j’étais passé à la lecture d’un sociologue. Sarkozy et Valls, ces saints hommes, disent que c’est un péché qui nous conduira en enfer. Après mai 2017 faudra cacher nos lectures sociologiques sous des revues pornos ou sous les king size calcifs de Beaupin et DSK…

Je l’avais laissé tomber depuis quelques heures quand j’ai rétorqué à moi-même que cette vidéo fort réjouissante, en sus de Finkie chez les sauvages #NuitDebout, on pouvait aussi la regarder comme une parodie plus vaste du mépris de classe qui dégouline en permanence des media, des dirigeants zéconomiques comme de la classe politique.

En 2007 j’habitais un quartier avec un taux élevé de logements sociaux. Quand je rencontre une fauxcialiste. Je veux dire une socialiste professionnelle. Une Marie-Chantal attachée parlementaire chargée de mission vêtue d’un petit ensemble de bourgeoise friquée qui fait la campagne des législatives pour sa patronne candidate. Marie-Chantal tranche sévère sur le paysage local avec ses fringues à deux-trois smic sur le cul. Et Marie-Chantal a une vision trèèès stéréotypée de la populace qu’elle vient évangéliser pour la convaincre de voter rose très pâle.

On est dans le petit centre commercial du quartier populaire, centre qui bat de l’aile et va fermer petit à petit dans les années suivantes, et Marie-Chantal s’imagine en contrée étrangère où l’on ne comprend qu’un français simplifié. On sort avec le collègue d’un chantier où on a brassé force gravats et on est sales comme des poux.

Marie-Chantal fait des efforts pour se mettre à notre niveau de prolos et parle avec la grâce d’un marteau-piqueur. « Non, je n’ai pas la télé. » C’est ma réponse à je ne sais quelle énormité proférée. Ce qui étonne grandement notre socialo-pro. Et histoire d’enfoncer le clou — on peut être taquin avec une fauxcialiste — je précise que je préfère lire « Le Monde diplomatique ». Ce qui lui laisse la bouche grande ouverte diamètre à gober les andouilles par paquet s’il en pleuvait par un caprice météorologique.

Le copain qui m’accompagne se prend au jeu. Et lui balance un sévère coup de Bourdieu dans les gencives. Je relance avec un Pinçon-Charlot direct au foie. La petite marquise fauxcialiste ne connaît pas les sociologues de la grande bourgeoisie. Alors le copain précise que ce sont là d’honnêtes chercheurs « de l’école bourdivine ». « Bourdi-quoi ??? »

Le copain se lance dans les mérites comparés de Bourdieu et Goffman, cause de l’école de Chicago, cite « Outsiders » d’Howard Becker tandis que je le tâcle avec « Retour sur la condition ouvrière » de Stéphane Beaud et Michel Pialoux. On s’amuse comme des malades à faire tourner foldingue ce spécimen issu des ghettos du Gotha en goguette dans le centre commercial de la téci. Tout en jurant contre ces putains de gravats — faut bien la rassurer sur notre statut social de pouilleux — qui nous ont tant fait manger de poussière. Gueule de vache !

« Pas sûr qu’on lui ait fait changer sa vision du monde ouvrier et des classes populaires » dira plus tard le copain, larmes aux yeux, en se tapant sur les cuisses pendant le debriefing au pastis artisanal des Homs (Larzac).

Partageux t’offre cinq minutes d’une poilade de classe en compagnie de Jolie Môme, Gilles Balbastre et autres sans culottes gibiers de potence refusant la modernitude.

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