Claude Nougaro chante « Toulouse »

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Chaque lundi, pour bien commencer la semaine, on s’en remet une de derrière les fagots tout droit dans les oreilles. C’est le Nougaro du lundi.

Quand j’étais gosse, pas de télé à la maison, peu de livres, très peu de photos et seulement en noir et blanc. Alors l’imaginaire est toujours grand ouvert. Un seul mot exotique et c’est le départ pour de lointains voyages.

Nougaro chante « Toulouse ». Toulouse, exotique ? Mais oui ! Le mot a le même pouvoir d’évocation que Hanoï, Pondichéry ou Tombouctou. D’ailleurs Claude Nougaro commence par « Qu’il est loin mon pays / Qu’il est loin ! » Ah ! Tu vois bien… Et puis tous ces mots : Capitole, blues, jazz, le petit garçon en fait son carburant pour des rêves à l’infini.

« Un torrent de cailloux roule dans ton accent ». Puisque je te dis qu’on est dans l’exotisme… Et puis, si tu n’es pas encore convaincu, Nougaro insiste : « Ô moun païs ». On change de langue et c’est déjà un premier mais un grand pas vers un ailleurs. La chanson « Toulouse », c’est un livre d’images, bien meilleur que les illustrés qui te tombent sous la main, puisqu’elle te laisse la part belle à l’imagination. Et pour les images, avec son « Toulouse », Nougaro t’a gâté.

Dans les mêmes années un gars chante Albi la rouge, ville qu’il a quittée pour évangéliser quelque pays africain. Oublié son nom. Chanson pas assez marquante et, de plus, trop peu souvent entendue. D’après les bribes qui me restent en mémoire, c’était l’une de ces « calottes chantantes » qui sévissaient dans l’ombre du Père Duval et de l’Abbé Noël Colombier. Albi la rouge ? Même exotisme que Toulouse ville rose. Le petit garçon vivait dans un pays de pierres où tu n’avais qu’à te baisser pour récolter de quoi bâtir toutes les murailles de Chine de tes rêves les plus fous. Alors les murs de brique rouge ou rose, ça mon gars, c’était un étranger époustouflant !

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.