Écologie : les agriculteurs sont-ils vraiment mal-aimés ?

Écologie : les agriculteurs sont-ils vraiment mal-aimés ?

À la suite de l’appel “Nous voulons des coquelicots” pour l’interdiction des pesticides, Daniel Cueff, maire de Langouët en Bretagne, a été le premier maire à prendre un arrêté de limitation de leur emploi autour des habitations. Il a été imité depuis par cent-vingt maires.

L’appel des Coquelicots rejoint par plus d’un million de personnes, les rassemblements mensuels partout en France, les articles un peu partout dans la presse, l’interpellation des politiciens par les organisations comme par des individus, cela fait beaucoup pour un vampire qui préfère l’ombre à la lumière.

L’UIPP (Union des industries pour la protection des plantes), le lobby des pesticides, en fait une mauvaise fièvre. Et, avec la complicité très active de la FNSEA, sort du chapeau un “agribashing” auquel nul n’avait songé.

Je ne résiste pas à te donner un large extrait du dénigrement commis par ce “citadin” qu’est le maire de Langouët (600 habitants et autant de vaches) dans un livre au titre épouvantable de haine : “Paysans, on vous aime”.


Les agriculteurs sont-ils vraiment mal-aimés ?

La situation des agriculteurs conventionnels est difficile. Alors que certains gagnent beaucoup d’argent, une majorité d’entre eux sont en difficulté et doivent faire face à un endettement sévère et des revenus très faibles. Le nombre de paysans diminue drastiquement dans nos campagnes.

La FNSEA a contribué à produire et à défendre cette agriculture intensive en engageant ses adhérents à livrer toujours plus de volumes pour satisfaire les appétits de l’agroalimentaire, de la grande distribution (qui s’est approprié l’essentiel des gains de productivité) et de la spéculation sur les marchés mondiaux. Une véritable cogestion associant exclusivement le gouvernement, la FNSEA et ses alliés.

Plutôt que des regarder en face les problèmes, la FNSEA invente le concept agribashing pour qualifier le dénigrement dont serait victimes les agriculteurs.

Dorénavant, toute remise en cause du système agricole et de ses pesticides est considérée par la FNSEA comme une stigmatisation des agriculteurs. Critiquer les maires qui osent dire les choses, c’est plus simple que de s’attaquer aux vrais problèmes posés par l’agrobusiness qui correspond au modèle prôné par la FNSEA.

Le concept d’agribashing égare la réflexion avec pour effet de camoufler l’énorme responsabilité de la FNSEA dans la situation d’un grand nombre d’agriculteurs.

Nous voulons des paysans !

Pourtant, ce que dit clairement notre combat contre les pesticides, c’est bien aussi : « Nous voulons des paysans qui gagnent leur vie dans des structures à taille humaine et non industrielle valorisant les attaches locales. »

De très nombreux paysans, certes n’appartenant pas toujours à la FNSEA, soutiennent notre démarche.

Reçue par la Confédération paysanne, une délégation du collectif des maires face aux pesticides, accompagnée du sénateur Labbé, s’accorde sur le fait que la prise d’arrêtés mettant en place des DEP (Distance d’éloignement des pesticides) a permis de relancer le débat sur les pesticides, de les mettre au devant de la scène et de lancer des démarches pour avancer sur le sujet. Pour la Confédération paysanne, il est toutefois important de comprendre les enjeux économiques auxquels font face les paysans et en quoi ceux-ci peuvent être très limitants pour s’affranchir des pesticides sur une exploitation (faible valorisation des produits et absences de débouchés, coûts de la transition qui peuvent être prohibitifs). La Confédération paysanne transmet aux maires de France un document sur les solutions possibles pour s’émanciper des pesticides.

Pour la Confédération paysanne, la politique agricole commune européenne (aide à la surface qui incite aux agrandissements par exemple) doit être totalement reconsidérée en faveur d’une agriculture paysanne. Pour nous aussi !

=> Source : Un extrait de « Paysans, on vous aime. Défendez-vous, défendez-nous contre les pesticides », un ouvrage de Daniel Cueff chez Indigène Éditions, 4,90 euros.

Rassemblement des coquelicots devant la mairie de ta ville le vendredi 6 mars à 18h30. Nous avons déjà réussi à mettre les pesticides en débat partout sur la place publique. Ce n’est pas le moment de lâcher la pression.


« Je veux serrer encor’ entre mes dents / La fleur rouge du printemps. » Émily Loizeau chante « Viens avec moi mon vieux pays » avec des chouettes images de rassemblements des Coquelicots.

Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.