#NuitDebout : où l’on cause encore du travail et de l’indemnisation des chômeurs

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On trouve tout aux Nuits Debout : du blanc, du noir, du rouge de colère, du jeune et du beaucoup moins jeune, des intellos et des prolos avec ou sans boulot. On y voit aussi Serge Quadruppani, écrivain.

Et le gars n’a pas meilleur talent que mézigue dans l’art de la brosse à reluire. Sa première visite à la NuitDebout l’avait laissé insatisfait. Ce qui rend d’autant plus intéressant son deuxième compte-rendu de #NuitDebout dans la même ville.

[…] Dans un précédent billet on avait fait un compte-rendu peu enthousiaste, c’est le moins qu’on puisse dire, d’un passage d’une heure samedi soir aux Nuits Debout de Limoges mais on avait bien pris la peine de préciser que ça ne pouvait être un jugement général sur l’ensemble du phénomène, et qu’on reviendrait.

Sage précaution. Hier soir, il y avait environ 25 personnes assises en cercle sur la place de la République limougeaude et on a d’abord eu l’impression que c’était mal parti, concurrencés que nous étions par la présence d’un groupe aussi nombreux et beaucoup plus bruyant d’ivrognes et de punkachiens avec leurs bêtes, plus le bruit inquiétant d’un ballon de foot rebondissant qui menaça plusieurs fois nos têtes d’un tir au but.

Et puis non, c’était bien. Il y avait là une assistante à la vie scolaire, un salarié du bâtiment en CDI, des CDD, des intermittents, des retraités, et au moins deux précaires contents de l’être (Esteban et moi).

Après avoir échangé sur les différentes techniques des employeurs pour maintenir leur personnel dans la précarité, une remarque du jeune homme en CDI sur le fait qu’il n’aimait pas tant que ça son boulot a permis d’approfondir la discussion en attaquant la question de la nature même du travail, sur l’existence de tant de boulots inutiles, sur la division sociale du travail, sur la si absurde échelle des salaires (pourquoi les chefs devraient-ils être payés plus que les autres, alors que leur boulot est quand même plus intéressant), bref, loin des bavardages impuissants sur une nouvelle constitution, nous étions au cœur de la question qui a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues françaises depuis deux mois : le travail et sa crise.

Si on ajoute qu’il y a eu aussi le récit d’une action de la veille fort bien menée (avec départ à 7h45 !) au Pôle Emploi et la préparation d’une autre qui s’annonce bien, on comprendra qu’on a pensé que ça valait vraiment la peine de repasser. […] Source.

Si, par moment, #NuitDebout semble s’essouffler, c’est pour renaître le jour d’après, ou bien dans une autre ville, ou bien dans une autre action. À l’occasion d’une nouvelle volonté du Medef de faire des zéconomies sur le dos des chômeurs, les intermittents du spectacle se sont intéressés au très considérable patrimoine immobilier de l’Unedic et à l’histoire de sa gestion. Ils ont ainsi découvert, qu’avec les sous des cotisations chômage, l’Unedic a acquis une tapée d’immeubles partout en France. Une gestion pour le moins discutable qui a vu s’évaporer des sommes croquignolettes.

Les intermittents du spectacle, en compagnie d’intermittents du travail et de noctambules debout, se sont invités devant ou dedans des immeubles payés avec nos cotisations. Message aux zinvestisseurs : l’immeuble derrière les plagistes (photo), propriété de l’Unedic, est à vendre. Ici la consigne était la rigolade, chacun venant en tenue de vacancier avec son parasol, son poste à transistor, sa serviette ou sa chaise longue. Puisque, c’est bien connu, les chômeurs font rien qu’à prendre du bon temps en vacances…


« Ne flirtez plus, ne couchez pas / Endurcissez vos célibats / Désengagez-vous pour la vie. » Pour rester dans le registre de la rigolade, Lili Cros demande à Thierry Chazelle comment faire pour ne pas rencontrer « L’homme de sa vie. »

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.