Claude Nougaro chante : « Il y avait une ville »

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Chaque lundi, pour bien commencer la semaine, on s’en remet une de derrière les fagots tout droit dans les oreilles. C’est le Nougaro du lundi.

Hiroshima. Nagasaki. L’horreur va inspirer des générations d’artistes de toutes les disciplines. L’horreur va inspirer les réflexions de tous ceux qui pensent. La croyance dans la science, facteur de progrès, en prend un grand coup dans la gueule. La croyance dans le progrès en prend un grand coup dans la gueule. La croyance dans la mission civilisatrice de l’Occident en prend un grand coup dans la gueule.

Mais, toi, tu es un petit garçon, tu ne lis pas plus Hannah Arendt que Primo Levi. Tu sais seulement que des bombes d’une puissance prodigieuse ont rasé des villes. Qu’elles inspirent la terreur aux grands. Les grands, pour toi, ce sont les adultes et pas la Russie et les États-Unis… Tu as même entendu à la radio cette étrange expression « équilibre de la terreur » que tu ne comprends pas bien. Et ce n’est pas Geneviève Tabouis, la chroniqueuse radio du dimanche que tes parents écoutent, qui va beaucoup t’aider.

Le battement oppressant qui débute la chanson, le texte inquiétant dès les premiers mots, on se place ici bien loin des sujets légers si souvent abordés par les chansons. « Y a plus rien qu’un désert / De gravats, de poussière / Qu’un silence à hurler / À la place où il y avait / Une ville qui battait / Comme un cœur prodigieux / Une fille dont les yeux / Étaient pleins du soleil de mai » La fille, tu l’imagines très bien, elle a huit-neuf ans comme toi, des cheveux blonds bouclés et elle saute à la corde. La bombe, t’es bien d’accord, c’est la pire des mochetés.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.