Calais : l’étrange incendie du centre juridique de la jungle

PHOTO

La photo suffit : le centre juridique de la jungle de Calais est ravagé par les flammes. L’incendie s’est déclaré jeudi 17 mars en soirée.

L’équipe venait de partir après avoir recueilli le témoignage d’une victime de violence. Origine accidentelle ou volontaire ? Une chose est sûre : il n’y avait pas de poêle à l’intérieur du centre.

Créé à la suite de l’Appel de Calais ou Appel des 800, lancé par des personnalités du domaine culturel, le centre juridique apporte une aide juridique aux réfugiés. On a beaucoup parlé du centre quand il a dénoncé les violences policières comme les violences de groupes anonymes à l’encontre de réfugiés. Le centre a déposé des plaintes et a aidé aux dépôt de plaintes de réfugiés. Plaintes qui donnent lieu à des enquêtes en cours menées par la police judiciaire et l’IGPN, inspection générale de la police nationale.

Photo 2 Le centre juridique dans la jungle de Calais

Le centre était géographiquement isolé depuis le démantèlement de la zone sud de la jungle de Calais. Il faisait partie des lieux de vie du secteur sud autorisés par la Justice à rester.

D’après Marianne Humbersot, chef de mission du centre, à 19h30 « les CRS étaient encore une fois les seuls sur place et n’ont pas appelé les pompiers. Les pompiers ne sont toujours pas là alors que nous les avons appelés voilà trente minutes. »

Marianne Humbersot dénonce « le contexte d’intimidations et de menaces dont fait l’objet le centre juridique ces derniers temps de la part des forces de police et des groupes fascistes ». « On restera ici et nos activités seront les mêmes » a-t-elle déclaré en envisageant de poursuivre l’aide juridique « dans une tente ».

Depuis des mois la lecture des groupuscules calaisiens, qui naviguent entre extrême-droite et banditisme, ne laisse pas de doute sur leur volonté d’en découdre par la force et la violence. Ces derniers jours on a lu de nombreux textes dont le vocabulaire désigne les réfugiés comme des animaux.

Banditisme. Rappelons que les gros bras arrêtés, lors de la manif de Pégida interdite, et à la suite de ratonnades, étaient tous connus des services de police pour vols avec violence. L’un d’eux, militant de Pegida, a même été condamné à 25 ans de prison pour meurtre.


« Sale temps partout où je croise / Au bar de la marine ou sur la mer d’Iroise. » Michel Boutet chante Mer d’Iroise.

A propos de Pierrick Tillet 3663 Articles
Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.