#OnVautMieuxQueCa : Usul

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Usul est l’un de ces jeunes vidéastes et vidéoblogueurs qui ont fait une vidéo commune appelant à refuser la loi travail. Faisons connaissance.

Usul s’est d’abord fait connaître dans le monde du jeu vidéo. Bon, je ne vais pas te raconter des craques. Le jeu vidéo, pour moi, c’est encore moins gouleyant qu’une infusion de camomille tiède. Rien qu’à lire la locution jeu vidéo, je baille d’ennui et je m’endors lâchement devant l’adversité.

Usul, critique de jeu vidéo, s’est vite fait remarquer dans le milieu en s’intéressant à des angles peu habituels comme le sexisme, la violence ou la censure. Des thèmes le plus souvent passés sous silence chez les joueurs.

Et puis Usul a fini par s’ennuyer lui aussi devant les jeux vidéos et il s’est attelé à un autre registre. Sa série, baptisée Mes chers contemporains, fait le portrait de personnes ou s’intéresse à des courants d’idées. Ses contemporains sont des enquêtes bien conduites d’une trentaine de minutes. Il abat un travail de romain pour consulter de nombreuses archives et en extraire le meilleur ou le plus significatif. Son portrait de BHL est saignant : les archives exhumées sont sans pitié. Sa capacité à rendre Frédéric Lordon compréhensible et facile d’accès est méritoire. Usul, dont on entend la voix mais qu’on ne voit pas sur ses documentaires, adopte une tonalité très personnelle entre prof expliquant le dessous des cartes, interrogations et ironie décapante. Disons-le tout net : ses vidéos sont diablement agréables à regarder et on se sent plus intelligent quand elles se terminent. C’est si bien foutu qu’Usul a reçu des propositions pour faire des documentaires à la télé. Refusées parce qu’il ne veut pas être pris dans des impératifs de délai, de forme ou de contenu.

Usul est l’une des chevilles ouvrières du groupe de vidéastes qui a lancé #OnVautMieuxQueCa. Comme d’habitude — ça devient lassant, faudrait trouver autre chose — on a lu que ces vidéastes étaient des « bobos parisiens ». On ne savait pas que Lyon (Usul, CharlesOscarSalmacis), Toulouse (DanyCaligula, Histony et cie), Brest (Hacking Social) ou bien la Suède (Le Stagirite) étaient des quartiers de Lutèce. Et « bobo », ça veut dire bourgeois pété de thunes. Usul, avec ses années à faire le larbin dans un MacDo et ses années de marketing téléphonique entrecoupées de manutention et de petits boulots en intérim, correspond assez mal à l’idée qu’on se fait d’un riche bourgeois. La lecture de son CV (en résumé, il n’a fait que des boulots de merde) permet de comprendre pourquoi le gars a été très rapide quand il a découvert la loi El Khomri. Partisan d’une contraception naturelle, il préconise de suite le coïtus interruptus, le retrait pur et simple de cette loi.

Usul, comme d’autres jeunes vidéastes du groupe #OnvautMieuxQueCa, s’inquiète de l’influence des vidéos d’Alain Soral sur une jeunesse en quête de sens et reproche à la gauche partisane de ne pas occuper ce terrain alors qu’elle aurait tant à dire. Ses vidéos sont un contrefeu. « J’avais le sentiment que les jeunes qui avaient soif de pensée critique se tournaient vers Alain Soral et autres paranoïaques, car ils étaient les seuls à occuper cet espace sur internet. »

Tiens, parmi les contemporains d’Usul, je te mets « La pensée68 ou la culture de l’excuse ». Valls nous a dit en substance « expliquer, c’est déjà excuser. » Il n’acceptait « aucune excuse, aucune excuse sociale, sociologique ou culturelle ». Et ça vaut la peine de regarder Valls l’affirmer devant les députés dans la vidéo d’Usul. Avant de nous dire aujourd’hui, trois mois plus tard, que nous avons mal compris la loi El Khomri, qu’il va nous l’expliquer et qu’il a une foule de raisons sociales, sociologiques ou culturelles pour nous la mettre bien profond.

=> Les vidéos d’Usul.

=> La pétition contre la loi travail

A propos de Pierrick Tillet 3650 Articles
Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.