Contre la loi-travail : en finir avec les processions inoffensives et sans lendemain

PrisedelaBastille.jpgLa prise de la Bastille, 14 juillet 1789

Appel à manifester notre opposition à la loi travail ce mercredi 9 mars et après. Hé la jeunesse ! Vas-tu te contenter des processions Bastille-Nation comme l’ont fait tes parents ? Ou bien vas-tu retrouver la vigueur conquérante de tes grands-parents de 1968, de tes arrière-grands-parents de 1936, de tes ancêtres de 1789 ?

Aujourd’hui ça ne fait que commencer. Faut s’organiser. Mais tu ne vas pas te contenter d’un défilé, d’une distribution des tracts, d’une conférence de presse, d’un colloque ou d’une grève d’une journée qu’il-faut-savoir-terminer ? Processions, rogations, génuflexions. Pisser dans un violon…

Il y a des moyens plus efficaces, plus « persuasifs », d’obtenir gain de cause. Cite-moi une avancée sociale — une seule ! — obtenue sans épreuve de force. Sans tordre le bras du pouvoir.

Comment ont-ils fait, tes arrière-grands-parents de 1936, pour contraindre le gouvernement du Front populaire à satisfaire des revendications aussi importantes que les congés payés, la semaine de 40 heures ou l’interdiction du travail des enfants ?

Comment ont-ils fait, tes grands-parents dans les années soixante et soixante-dix, pour imposer à des gouvernements conservateurs des changements aussi progressistes que la pilule, la légalisation de l’avortement ou les lois d’émancipation féminine ? Non, Léa, ne fais pas la moue en pensant à ce qui reste à faire. Moi, je n’oublie pas que ma mère ne pouvait même pas signer mon bulletin scolaire : c’était au « chef de famille » de le faire.

Je n’ai jamais oublié que le SMAG (salaire minimum agricole garanti) a été augmenté d’un seul coup de… 55 % ! Oui, tu lis bien : cinquante-cinq pour cent en une fois ! Le pouvoir avait eu une trouille verte. Les ouvriers ne s’étaient pas contentés de scander « aucu, aucu, aucune hésitation ».

On oubliera vite la loi El Khomri, l’état d’urgence, la chasse aux réfugiés, les traités internationaux, toutes leurs combines pour nous asservir. On oubliera vite l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le grand stade et l’EPR, tous leurs grands machins pour gras dividendes. Parce que c’est l’oligarchie qu’il faut renverser. La monarchie qu’il faut abolir.

Thomas, tu ne pourras pas te contenter des processions Bastille-Nation. Chloé, tu ne vas pas implorer à genoux le seigneur-président tout-puissant.

Le film Merci patron ! montre que les petits peuvent gagner contre les géants. À condition de regrouper forces et savoir-faire. À condition d’oser.

Ce matin, au rassemblement, une équipe de gros castards en gilet fluo d’une boîte de travaux publics juste à côté d’un groupe de frêles lycéennes-étudiantes. Déchirer les chemises, occuper, casser, bloquer, séquestrer, bref revenir à cette recette à l’ancienne qui fait peur aux puissants. Mais assaisonnée par les épices numériques d’aujourd’hui que la jeune génération manie si bien. Oui, on peut faire confiance à la génération des Caroline, Eliott (la pétition) et de la dizaine de vidéastes #OnVautMieuxQueCa pour faire leur part. Virer sans ménagement les pourris.

=> La pétition contre la loi travail. On a dépassé un million deux cent mille signatures à l’heure où je termine cette bafouille.

=> #OnVautMieuxQueCa


« Plus loin un banquier nerveux / Émerge de ses paperasses / Caresse sa barbe violette / Et saute du septième étage. » Mama Béa chante Soleils.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.