Gratuité : ça nous changerait des vieilles messes de la gauche poussiéreuse

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— La cantine scolaire gratuite ? Oui pour ceux qui sont défavorisés. Ou alors contre une somme symbolique d’un euro !

— Un euro, tu peux penser que c’est symbolique. Mais vingt euros par mois, ça ne l’est pas du tout quand ton budget mensuel est de quatre cent trente euros (RSA effectif). Quand on dispose à peu près de quoi vivre, on tend toujours à oublier combien un budget riquiqui ne permet pas le moindre écart…

— Mais enfin, tous ceux qui ont du blé, il n’y a pas de raison qu’ils ne paient pas !

— On est là au cœur du débat sur la gratuité. Avec ton raisonnement, l’école devrait facturer les cours aux parents des élèves qui peuvent payer. Et c’est ce qui se faisait naguère. En créant l’obligation scolaire, le législateur a aussi décidé de ne pas faire de différence entre les familles qui pouvaient payer et celles qui ne le pouvaient pas. Le législateur a décidé de sortir l’enseignement du domaine marchand. Disparition des précepteurs. On peut décider, c’est un choix politique, de facturer l’école. Ou bien, au contraire, on peut décider de sortir d’autres services et d’autres biens du domaine marchand.

— Bien sûr il faut en finir avec la marchandisation et ses outrances, mais comment ?

— Ce n’est qu’une question de volonté politique. C’est cette volonté qui a permis de rendre obligatoire et gratuit l’enseignement pour tous les enfants. Et pourtant, à l’époque, un tel changement coûtait la peau des fesses ! Et ça hurlait que l’on jetait l’argent par les fenêtres ! C’est cette volonté collective qui nous permettra de soustraire de nouveaux secteurs à la rapacité et à la cupidité. J’ai pris la cantine scolaire comme exemple devant le désarroi de mon institutrice racontant ce gosse qui tombe dans les pommes parce qu’il a faim. Elle se demandait comment résoudre le problème de fond. Eh bien, on ne trouvera pas beaucoup d’opposants pour dire qu’un repas chaud, équilibré, de qualité, en quantité suffisante n’est pas indispensable à un écolier. C’est le côté pédagogique : pour faire avancer une idée il faut parfois trouver le bon exemple qui ne va pas heurter de front nombre de nos concitoyens. Le bon exemple qui va rencontrer un assentiment large.

— Mais que fait-on pour avancer ?

— Une municipalité peut décider de rendre sa cantine scolaire gratuite. Naguère des municipalités communistes ont créé des patronages (centres aérés), des piscines, des salles et des terrains de sport, des bibliothèques, etc. Une kyrielle de services gratuits qui sont depuis devenus des normes et dont plus personne ne songe aujourd’hui qu’ils étaient chers et réservés à la grande bourgeoisie. Une campagne présidentielle — on est dans la saison où ça bourgeonne… — peut faire beaucoup pour l’extension de la gratuité. Il y faut seulement la volonté d’une candidature. Ça nous changerait des vieilles messes de la gauche poussiéreuse.


Mano Solo chante Sha la la ou bien Internationale Sha la la. « Et vive la révolution, mon pote ! »

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