Un recyclage princier : les dessous de l’Arc de triomphe

Un recyclage princier : les dessous de l’Arc de triomphe

Te souviens-tu ? L’Arc de triomphe vient d’être endommagé en prélude à une manifestation de vilains porteurs de gilets jaunes. Michel Delpuech, le préfet de police de Paris, est viré de suite. Et, deux semaines plus tard, il est nommé… au Conseil d’État ! On a connu sanction plus cuisante ! Jean-Michel Apathie, peu soupçonnable d’être un opposant couteau-entre-les-dents au régime, pique alors une grosse colère.

Et puis, le temps passe et c’est seulement aujourd’hui qu’un correspondant, qui nous écrit pourtant avec régularité, envoie cette petite lettre à une poignée de correspondants. Qui conforte les soupçons lourds comme des enclumes pesant sur cette curieuse affaire.

Rien ne m’étonne en provenance de la présidence. Je n’ai pas de sympathie pour Aphatie, mais son indignation est partageable. Mon intuition me conduit plutôt vers un remerciement pour service rendu. Le préfet Delpuech aurait-il bien agi le 1er décembre 2018 lors du saccage de la crypte de l’arc de triomphe ?

Reprenons le fil des événements. Depuis plusieurs semaines, avant le 1er décembre 2018, un cordon de CRS entoure l’arc de triomphe de Paris, la garde y est montée nuit et jour sur ordre de préfet de police de Paris. Des manifestations et des rassemblements sont prévisibles dans toute la France.

L’Arc de triomphe avec sa crypte, j’ai eu l’occasion de m’y rendre à trois reprises, dans mes fonctions de guide-accompagnateur dans le tourisme. La dernière fois c’était en mai 2006, avec un couple d’américains parfaitement francophones dont le monsieur, ancien combattant, engagea une conversation avec un monsieur fort aimable : nous étions tombés sur le directeur en personne.

L’entretien s’étant éternisé, l’heure de la fermeture étant bien dépassée ce soir-là, il nous brossa un tableau rapide des moyens mis en œuvre pour la sécurité du lieu. Ainsi nous avons pu nous rendre compte qu’un rideau de fer protégeait l’entrée de la crypte comme celle des commerçants. Plus un rideau à gros maillons non visible de l’extérieur : une double fermeture.

Pourtant dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2018, les CRS quittent les lieux ! Entre 5 et 7 heures du matin. Quand les premiers manifestants arrivent à l’arc de triomphe, vers 9 heures du matin, les grilles de la crypte sont… ouvertes ! Comme si les premiers entrants se sentaient guidés ou éventuellement avertis… C’est une impression.

Qui a pu donner l’ordre aux CRS de quitter les lieux, si ce n’est le préfet lui-même M. Delpuech, maintenant gratifié d’un poste au Conseil d’État ?

À partir de cette date le discours au sujet des Gilets jaunes, que tous les grands moyens médiatiques vont reprendre en chœur, devient plus dur, plus criminalisant. C’est une date bascule en somme. Une victoire médiatique pour le gouvernement. Le président du sénat Gérard Larcher s’indigne et exprime une colère au sujet du départ des CRS et de l’ouverture de la crypte. Il n’a pas donné suite à cette colère. Pourquoi ?

Il suffirait de retrouver les archives filmées sur lesquelles on peut voir des Gilets jaunes entourant la tombe du soldat inconnu. Les investigations peuvent commencer, alors, à suivre. Si commission d’enquête il y a.

JMG (membre d’un repaire “Là-bas si j’y suis”)

Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.