Chronologie d’une révolution : l’insurrection ou la mort

Parvenus au stade précédent une insurrection, la question qui se pose désormais au peuple en colère est la suivante : pour quand cette insurrection d’avant révolution, seule possibilité d’échapper à l’anéantissement d’un peuple et de son histoire ?

Le soulèvement populaire français date de la mi-novembre 2018. Il engageait le peuple des précarisés en gilets jaunes. Depuis plus d’un mois, l’émeute a brutalement grimpé l’échelle hiérarchique du pays, gagnant les couches encore un peu protégées de la société : salariés des services publics et des grandes sociétés privées… La fameuse classe moyenne elle-même – enseignants, médecins, gens de justice… – qui se croyait jusque là préservée dans son aisance d’antan, se voit contaminée par la colère. Tout est en place pour l’acte final. Ne reste plus que le déclic : le vote imposée de la réforme des retraites ou pire, son adoption par ordonnance ?

La survie repose entre les mains du peuple et de lui seul

N’attendez rien du camp de ceux qui squattent le pouvoir. Rien ne sert de les écouter, ni même de les critiquer. Rien n’y changera. Ces gens agissent comme des automates  détraqués, psalmodiant mécaniquement les mêmes rengaines stupides et de plus en plus caricaturales à mesure qu’ils pressentent la fin de leur vieux monde capitaliste.  Qui a écouté le président Macron prononcer ses vœux surréalistes, le premier ministre Philippe tenter de chloroformer les citoyens à coups de discours insipides ou la porte-parole de ce monde glauque, Sibeth Ndyaie, débiter son torrent d’imbécilités comme ce matin encore sur France Inter, devrait en être convaincu. Soyez assurés que même le retrait stratégique d’une des facettes de leur entreprise de destruction – leur réforme des retraites, par exemple –  serait un leurre grossier.

Plus rien ne peut plus sauver ces gens. Que le peuple reprenne ou non la main ne changera rien à leur sinistre destin : ils sont finis, incapables de réagir face au naufrage de leur système, emportés par leurs excès en train de détruire les ressources et les conditions de vie de notre planète.

La survie repose en fait entre les mains du peuple et de lui seul. L’alternative est brutale, mais claire : ou reprendre le vaisseau en main, ou se laisser engloutir avec les prédateurs, condamnés à terme comme les milliards d’animaux calcinés dans l’incendie de la forêt australienne. La grève générale n’est qu’un prélude, une insurrection s’impose.

=> Photo : dockers sur le port de Lorient à l’arrêt (France 3 Bretagne)

A propos de Pierrick Tillet 3818 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.