La lutte des classes est morte, place à la guerre des classes

La lutte des classes est morte, place à la guerre des classes

Les dernières facéties gouvernementales avec le vrai faux retrait de l’âge pivot  et le discours sirupeux du premier ministre Philippe dimanche ont au moins permis de clarifier les choses : il n’y a plus de compromis possible avec le pouvoir. La lutte qui est engagée est une lutte à mort d’un des deux camps.

Et ce n’est pas les petites manœuvres grotesques des inévitables petits traitres de service, du genre Laurent Berger de la CFDT , qui empêcheront la douloureuse issue de ce qu’il faut bien appeler une guerre. Les médias pourront toujours continuer à débiter leur propagande lénifiante, ils n’empêcheront plus longtemps la dure réalité de s’engouffrer sur leurs plateaux-télé.

Une guerre à mort, un seul vainqueur possible, malheur au vaincu

Ceux qui s’émeuvent de quelques trublions en gilets jaunes venues déguster le champagne prévu pour les vœux de tel ou tel maire vendu, ceux qui s’indignent du saccage de leurs permanences locales, les notables qui poussent les hauts cris parce qu’ils ont été insultés, voire même un peu bousculés par des gueux en colère, devraient au contraire se réjouir d’avoir encore le loisir de pouvoir se plaindre.

Car arrivera très vite le jour où ce sont eux que le camp d’en face, celui du peuple humilié, viendra sortir de leurs mairies, de leurs locaux et de leurs palais. Le temps des jérémiades, des vitupérations et des discours dégoulinants sera alors clos.

La colère demande souvent une lente maturation avant de se traduire en actes de violence. Mais lorsque la colère déborde, lorsqu’un déclic – une violence policière de trop, une déclaration déplacée ou une entourloupe trop grossière du pouvoir – vient faire déborder le vase de l’exaspération, alors le vase a toutes les chances d’éclater, l’étincelle de la fureur embrasera le pays.

Ce qui se passe en réalité aujourd’hui, c’est l’ultime bataille entre un système dégénéré qui pue la mort et un monde qui veut se reconstruire pour ne pas mourir. La lutte des classes est morte, place à la guerre des classes. Une guerre à mort. Un seul vainqueur possible. Malheur au vaincu.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.