5 décembre : l’ombre désormais obsédante d’une guerre civile

5 décembre : l’ombre désormais obsédante d’une guerre civile

Depuis le soulèvement des Gilets jaunes en novembre 2018, il règne dans le pays une atmosphère délétère de pré-guerre civile. La journée historique du 5 décembre n’a pas été en reste de violences policières insupportables.

Quand les émeutiers commencent à répliquer coup pour coup…

Au fil des semaines, ce qui était une stratégie d’intimidation et de dissuasion s’est mu en une répression erratique, relevant beaucoup plus de la pulsion méchante que du plan répressif réfléchi. La répression policière a sans doute contribué à essaimer les rangs des Gilets jaunes présents lors de leurs actes hebdos successifs, elle n’est pas parvenue à enrayer le mouvement. Et le fait nouveau apparu lors de la manifestation du 5 décembre est que les émeutiers n’hésitent plus à répliquer, presque méthodiquement, aux agressions dont ils sont l’objet.

« Si la violence répressive est l’unique raison des rois, le pavé reste l’unique raison des peuples »

Lorsque la répression policière ne suffit plus à maintenir le vieil ordre établi contesté, lorsque les émeutiers commencent à répliquer à la violence répressive de l’oligarchie bousculée, on entre dans les préliminaires hautement périlleux d’une guerre civile.

Qu’on évite ici de nous servir le discours pontifiant sur la non-violence, ce rempart frelaté que dressent les ordres établis faillis pour éviter d’être renversés. Ce paravent moraliste apparaît aujourd’hui comme parfaitement obsolète. On sait tous pertinemment que le vieux pouvoir ne se laissera pas déposséder de ses prérogatives sans de très agressives réactions. Les Gilets jaunes le mesurent dans leur chair depuis novembre 2018. Chacun va désormais devoir faire face à ses responsabilités. Dans son dernier billet, Jacques Sapir écrit :

« Si la violence répressive est l’unique raison des rois, le pavé reste l’unique raison des peuples. Plus précisément, la violence sociale, pour regrettable qu’elle puisse être, est inévitable et constitue même l’un des facteurs de la construction d’institutions sociales. »

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.