5 décembre : ne nous laissons pas voler notre révolution !

5 décembre : ne nous laissons pas voler notre révolution !

Les révolutions partent souvent d’une cause secondaire : la hausse du prix du carburant pour le mouvement des Gilets jaunes, par exemple.

Considérer ce prétexte comme secondaire n’est pas en nier l’importance. Mais on a vite vu, à travers les cahiers de revendications des Gilets jaunes, que leur soulèvement englobait bien d’autres motivations et touchait à l’existence même du corps social, à sa qualité de vie, avec son inévitable composante politique (le RIC).

Il en va de même pour le mouvement de grève générale du 5 décembre : la question des retraites, pour primordiale qu’elle soit, est loin d’être la seule motivation de ce débrayage national.

  • La retraite n’est pas la seule motivation des pompiers qui ont décidé d’occuper la place de la République à Paris sans attendre le 5 du mois.
  • La retraite n’est pas la seule motivation des entrepreneurs du bâtiment qui bloquent depuis bientôt une semaine les dépôts de carburant de l’ouest du pays au point que de nombreuses stations services bretonnes sont aujourd’hui à sec.
  • Le personnel des urgences des hôpitaux ne se bat pas depuis des mois que pour ses retraites.
  • Les Gilets jaunes – dont le mouvement est loin de « s’effilocher » comme se plaisent à le répéter certains, n’est-ce pas Jean-Luc Mélenchon ? – ne se joignent pas à la grève du 5 décembre avec leurs seules retraites comme préoccupation, mais les fins de chaque mois qu’ils ont du mal à boucler.

Le 5 décembre, nous ne lutterons pas seulement pour nos retraites, mais pour chasser un régime de prédateurs en train de détruire notre pays. C’est la chute du capitalisme en France que nous visons.

On le voit la globalisation de toutes ses motivations font que la grande grève nationale du 5 décembre ne peut être focalisée sur la seule question des retraites. Cette une technique bien éprouvée des autorités – et aux directions syndicales ! –que de circonscrire une action à une seule revendication catégorielle pour mieux juguler et étouffer un mouvement de protestation populaire autrement plus général.

Supposez qu’au lendemain du 5 décembre, le pouvoir cède à la pression populaire et suspende sa réforme des retraites. Et alors ? En quoi cela règlerait-il le problème des pompiers, des petites entreprises du bâtiment, du personnel des urgences hospitalières, des Gilets jaunes et ceux de tous ses travailleurs si précarisés que certains n’ont plus que leur auto pour tout logement, tous ces étudiants à qui l’ont supprime les APL, ces enseignants humiliés, ces retraités qui croupissent misérablement dans des Ehpad… ?

Non, le 5 décembre, le peuple de France ne luttera pas seulement pour ses retraites, mais pour chasser un régime de prédateurs en train de détruire notre pays. C’est la chute du capitalisme en France que nous visons. Ne nous laissons pas voler notre révolution.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.