Quand les extrémistes laïcards confondent étoile musulmane et étoile juive

Quand les extrémistes laïcards confondent étoile musulmane et étoile juive

Comme pour les manifestations contre l’antisémitisme, je me suis tenu à l’écart de la manifestation du 10 novembre contre l’islamophobie. La raison en est que je ne trouve aucune d’elles vraiment nécessaires.

L’antisémitisme, comme l’islamophobie, me paraissent des problèmes assez marginaux, aujourd’hui dans mon pays. Montés très bruyamment en épingle certes, réels bien sûr, mais sans grandes conséquences sur leurs communautés respectives. Le nombre de victimes d’agressions antisémites ou islamophobes reste assez secondaire par rapport aux victimes de la précarité sociale ou au nombre de SDF morts comme des chiens dans la rue. Ni la communauté juive, ni la communauté musulmane ne sont la cause de la précarisation sociale actuelle.

Qu’on évite de me balancer à la figure Charlie ou le Bataclan 2015, la préfecture de police de Paris ou la mosquée de Bayonne 2019. Ces actes criminels n’ont rien à voir avec l’exercice d’une quelconque religion, mais avec le terrorisme. Le terrorisme confessionnel d’obédience islamiste est aussi exécrable que les exactions criminelles sionistes commises par l’État juif d’Israël ou que les bombardements de civils (Moyen-Orient) et les coups d’État militaires (Bolivie, hier soir) initiés par le “camp du Bien” au nom de la religion démocratique.

Fin de ce long préambule.

Une hystérie et une fureur sans discernement

Outre qu’elle fut fort réussie, par le nombre et par le calme, la manifestation contre l’islamophobie de dimanche eut un mérite indirect : révéler l’extraordinaire déconfiture de la raison et du bon sens dans le camp d’en face, celui de l’extrémisme laïcard, avec son déluge d’anathèmes absurdes, de condamnations hystériques.

Le point culminant de cette bêtise fut atteint lorsque les islamophobiques crurent voir une étoile jaune juive sur la poitrine d’une petite musulmane.

Le fait que la petite fille se trouvait à proximité d’une sénatrice de confession juive (Esther Benbassa) ajouta à la confusion du camp phobique qui laissa éclater sa fureur. C’est bien connu, la fureur et l’hystérie font perdre tout sens commun de discernement. Sans cela, les furieux n’auraient pas manquer de discerner la différence qu’il y a entre une étoile juive (à 6 branches) et l’étoile musulmane (à 5 branches), celle qu’arborait, avec son croissant de lune, la petite fille et de nombreux autres manifestants de ce dimanche.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.